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Le pape François s'est envolé samedi matin pour Dublin afin de clôturer la "Rencontre mondiale des familles", mais ses paroles sont très attendues sur l'explosif dossier irlandais et planétaire des abus du clergé.

Son 24ème voyage à l'étranger intervient à un moment particulièrement périlleux pour l'avenir de l'Eglise catholique, ébranlée la semaine dernière par de sordides révélations d'abus sexuels anciens perpétrés aux Etats-Unis.

Ces dernières mois, le pape avait déjà accepté de fracassantes démissions de prélats au Chili, en Australie et aux Etats-Unis.

Son séjour en Irlande -36 heures en tout avec deux grands bains de foule prévus samedi dans un stade et dimanche dans un parc- intervient presque quatre décennies après la venue de Jean-Paul II, dans un pays où l'immense emprise de l'Eglise sur la société s'est évaporée en grande partie en raison d'abus en tous genres du clergé.

Le pape François rencontrera discrètement des victimes d'abus sexuels en Irlande samedi ou dimanche.

Il priera samedi après-midi dans une chapelle de la cathédrale St Mary's devant un cierge dédié aux victimes.

En mi-journée, il prononcera un discours au côté du Premier ministre irlandais Leo Varadkar, ouvertement gay et très engagé pour la légalisation par référendum en Irlande des mariages homosexuels en 2015.

M. Varadkar a promis d'évoquer avec le Saint-Père les familles homosexuelles mais aussi les abus commis par l'Eglise irlandaise.

L'énorme scandale de pédophilie dans l'Etat américain de Pennsylvanie révélé la semaine dernière (plus de 300 "prêtres prédateurs" ayant commis des abus sur mille enfants) a incité lundi le pape François à diffuser une lettre aux 1,3 milliard de catholiques de la planète.

Reconnaissant que l'Eglise n'a pas été à la hauteur et qu'elle a "négligé et abandonné les petits", il demande aussi à tous les catholiques de s'engager dans la lutte contre les abus, souvent tenus sous silence également au sein de la société laïque.

"Nous avons trop tardé dans l'application de mesures et sanctions", a également écrit François, suscitant des attentes sur la publication imminente de nouvelles directives destinées aux évêques.

Un vaticaniste italien très proche du pape, Andrea Tornielli, a toutefois écarté vendredi cette hypothèse.

"Le pape considère sa lettre comme exhaustive et estime que l'Eglise s'est dotée des instruments normatifs et des règles nécessaires pour combattre ceux qui commettent le crime d'abus sur mineurs", a-t-il écrit vendredi.