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Le pape François a reconnu samedi sept évêques chinois qui avaient été nommés sans son aval par le régime communiste, dans le cadre d'un accord historique signé entre le Saint-Siège et la Chine.

Dans un communiqué, le Vatican précise que le pape a décidé de réintégrer dans son giron ces évêques "officiels" ainsi qu'un huitième évêque, aujourd'hui décédé. Au moins trois d'entre eux avaient été excommuniés dans le passé.

Mais le Vatican évite de préciser si la Chine reconnaîtra pour sa part les évêques reconnus unilatéralement par le Saint-Siège.

Les chiffres du nombre d'évêques en Chine varient selon les sources. Selon le décompte d'un expert, la Chine compterait au total 77 évêques, dont les deux tiers étaient reconnus à la fois par Rome et Pékin. Mais dix-sept d'entre eux reconnus par le pape n'étaient pas reconnus par le régime communiste.

L'accord ne précise pas non plus les modalités des futures nominations d'évêques.

"Le pape François espère, qu'avec ces décisions, un nouveau processus pourra commencer qui permettra aux blessures du passé de se refermer", ajoute le communiqué du Vatican.

Le pape souhaite que l'accord provisoire mène à "des gestes concrets fraternels de réconciliation" afin de dépasser "les tensions passées et même les récentes", a ajouté dans un texte séparé le numéro deux du Vatican, Pietro Parolin, l'un des grands partisans de l'entente.

Une pomme de discorde depuis des décennies

Le Saint-Siège a annoncé samedi un accord préliminaire historique avec le régime communiste de Pékin sur la nomination d'évêques, pomme de discorde depuis des décennies entre le Vatican et la Chine. Cet accord porte uniquement sur la religion et non pas l'établissement de relations diplomatiques entre Pékin et le Saint-Siège, rompues en 1951, deux ans après l'arrivée au pouvoir des communistes.

Les quelque 12 millions de catholiques chinois -très minoritaires dans ce pays de 1,5 milliard d'habitants- sont déchirés depuis des décennies entre une Eglise "patriotique" contrôlée par le régime communiste et une Eglise clandestine qui ne reconnaît que l'autorité du pape.

L'accord préliminaire a été signé samedi à Pékin entre les deux chefs des négociations, Mgr Antoine Camilleri, sous-secrétaire d'Etat auprès du Saint-Siège et Wang Chao, vice-ministre des Affaires étrangères de la République populaire de Chine.

"Il concerne la nomination d'évêques, une question de grande importance pour la vie de l'Eglise, et il crée les conditions pour une plus grande collaboration au niveau bilatéral", a précisé le Saint-Siège dans un communiqué.

Les signataires espèrent que l'accord pourra "favoriser un processus fructueux et tourné vers l'avenir dans le domaine du dialogue institutionnel et contribuer positivement à la vie de l'Eglise catholique en Chine, au bien commun du peuple chinois et à la paix dans le monde".

"Ceci n'est pas la fin d'un processus, c'est le début", a commenté le porte-parole du Vatican, Greg Burke, en évoquant les fruits d'une "écoute patiente de part et d'autre". "L'objectif de l'accord n'est pas politique mais pastoral, permettant aux fidèles d'avoir des évêques en communion avec Rome mais en même temps reconnus par les autorités chinoises", a-il insisté.

Le Saint-Siège avait relancé depuis plus de trois ans ces interminables négociations entamées dès les années 1980.