Le Parlement égyptien officiellement dissous

Belga Publié le - Mis à jour le

International Le Parlement égyptien a été dissous en application de la décision de justice le déclarant illégal, une mesure contestée par les Frères musulmans, première force politique à l'Assemblée, qui ont réclamé qu'elle soit soumise à référendum.

Le chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA), le maréchal Hussein Tantaoui, au pouvoir en Egypte, a formellement signifié par écrit samedi la décision de justice au Parlement dans une lettre et annoncé qu'il "le considère dissous depuis vendredi", selon l'agence officielle Mena.

"L'application de l'arrêt ordonnant la dissolution de l'Assemblée du peuple a commencé et les ex-députés ne peuvent désormais y accéder que sur autorisation et notification préalable", a ajouté l'agence.

Le député Essam Al-Aryane, numéro deux du Parti de la liberté et de la justice (PLJ) issu des Frères, a confirmé que le Parlement avait reçu "un fax annonçant que Tantaoui a dissout le Parlement".

Dans un arrêt rendu jeudi, la Haute cour constitutionnelle avait invalidé les élections législatives qui s'étaient achevées en janvier en raison d'un vice juridique dans la loi électorale ayant régi le scrutin. Ces élections s'étaient soldées par un raz-de-marée islamiste, avec près de la moitié des sièges revenant aux Frères musulmans, et près d'un quart aux fondamentalistes salafistes.

Les détracteurs du CSFA l'accusent d'avoir orchestré cette décision de justice pour s'adjuger le pouvoir législatif, et un haut dirigeant des Frères musulmans, Mohammed Beltagui, avait dénoncé un véritable "coup d'Etat". Le PLJ a vivement contesté la dissolution du Parlement et réclamé un référendum sur cette question.

"Les menaces constantes de dissoudre le Parlement élu par 30 millions d'Egyptiens et d'Egyptiennes confirment la volonté du Conseil militaire de s'emparer de tous les pouvoirs", a affirmé le PLJ dans un communiqué.

"La dissolution de l'Assemblée du peuple élue nécessite de revenir au peuple par le biais d'un référendum libre et transparent parce que la volonté du peuple ne peut être annulée que par la volonté du peuple", a-t-il ajouté.

La décision de la cour d'invalider les résultats des élections avait provoqué une crise politique deux jours avant le second tour de la présidentielle qui a commencé samedi.

Le Frère musulman Mohammed Morsi y affronte le dernier Premier ministre de Hosni Moubarak, Ahmad Chafiq, considéré comme le candidat de l'armée, qui le nie.

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