International Le mandat de l’instance chargée d’enquêter sur les abus et les crimes des anciens régimes n’a pas été prorogé.

En refusant de proroger le mandat de l’Instance vérité et dignité (IVD), le Parlement tunisien condamne à une fin prématurée une initiative clé de la transition démocratique de ce pays. Berceau des "printemps arabes", la Tunisie avait, en mettant en place cette instance en mai 2014, ravivé tous les espoirs de mettre en lumière les violations des droits de l’homme commises par les autorités publiques de l’époque de l’indépendance aux lendemains de la Révolution de jasmin - du 1er juillet 1955 au 31 décembre 2013.

Ce mécanisme disposant de larges pouvoirs d’enquête pour établir des actes aussi divers que la corruption, les viols, les disparitions forcées ou la torture devait mener le processus de justice transitionnelle afin de reconnaître les victimes et d’envisager des réparations pour les préjudices survenus durant les longs règnes du père de l’indépendance, Habib Bourguiba (1957-1987), et du dictateur Zine el Abidine Ben Ali (1987-2011), ainsi que lors des deux premières années ayant suivi la "révolution de jasmin". Un préalable indispensable à une réconciliation nationale.

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