International

Marine Le Pen a condamné vendredi la décision des États-Unis de se retirer de l'accord sur le nucléaire iranien, qu'elle juge "dangereuse", en fustigeant autant Donald Trump qu'Emmanuel Macron.

"Cette décision est dangereuse et nuisible à la paix dans le monde et aux intérêts de la France", estime dans un communiqué la présidente du FN et députée du Pas-de-Calais, qui estime que "le retrait américain fragilise d'abord la sécurité d'Israël".

"Si Téhéran, soumise à de nouvelles pressions, abandonnant sa retenue actuelle, sortait de l'accord, le programme nucléaire militaire iranien serait relancé : qu'y gagnerait donc la région et au premier chef Tel-Aviv ?", interroge la présidente du parti d'extrême droite, en faisant valoir que le régime iranien "semble avoir jusqu'ici respecté les engagements internationaux qu'il a signés".

"En raison des sanctions prises en 2012, les États-Unis empêcheront toute société étrangère à commercer avec l'Iran avec un arsenal de mesures propres à dissuader toute reprise du commerce avec l'Iran", déplore encore Mme Le Pen, selon qui "c'est pousser Téhéran à se retirer de l'accord et les sociétés étrangères, de choisir entre leurs intérêts aux États-Unis et les perspectives de marché en Iran".

"Un tel diktat est inadmissible et intolérable", considère celle qui avait salué l'élection de M. Trump fin 2016.

Pour Marine Le Pen, Emmanuel Macron a "sa part de responsabilités dans ce dossier" pour s'être "illusionné sur sa capacité à faire changer d'avis le président américain".

"Je condamne non seulement la position de M. Trump, mais aussi l'action de la diplomatie française qui, en voulant être plus néo-conservatrice que M. (John) Bolton (conseiller à la sécurité nationale, ndlr), se retrouve lâchée par sa tutelle américaine, sans alternative", écrit-elle, en estimant que "cette diplomatie met nos concitoyens en danger et retire à notre économie un marché fructueux".

"La realpolitik recommande aujourd'hui d'en finir avec l'idéologie néo-conservatrice si destructrice dans la région et de défendre enfin les intérêts de la France", exhorte-t-elle encore.