Le Premier ministre syrien rejoint l'opposition

AFP Publié le - Mis à jour le

International Le Premier ministre syrien, Riad Hijab, qui a fait défection a annoncé avoir rejoint l'opposition, a déclaré lundi son porte-parole sur la télévision Al-Jazeera du Qatar. M. Hijab a pris sa décision de faire défection en raison des "crimes de guerre et de génocide" en Syrie, a affirmé ce porte-parole Mohamed Otri, qui intervenait en direct d'Amman, affirmant que le Premier ministre syrien se trouve en "lieu sûr" avec sa famille.

Riad Hijab, doit quitter bientôt la Jordanie pour le Qatar, a indiqué lundi son porte-parole à Amman. "Hijab ira à Doha, où sont basés les médias internationaux. Il s'y rendra demain, après-demain ou d'ici quelques jours", a déclaré Mohamed Otri.

La défection de M. Hijab a été annoncée par Rami Abdel Rahmane, chef de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui a simplement déclaré: "Il a fait défection".

De son côté, la télévision d'Etat syrienne a indiqué dans un bandeau que "Riad Hijab a été démis de ses fonctions de Premier ministre", et que Omar Ghalawanji, vice-Premier ministre et ministre de l'Administration locale, avait été désigné pour "expédier temporairement les affaires courantes".

Dans le communiqué lu en son nom par M. Otri, le Premier ministre syrien a déclaré: "J'annonce ma défection du régime meurtrier et terroriste et pour rejoindre les rangs de l'opposition dont je deviens l'un des soldats".

Il a affirmé en préambule que la Syrie passait par des "circonstances terribles marquées par les pires crimes de guerre, de génocide contre un peuple sans armes".

La télévision d'Etat cible d'un attentat à l'explosif, Alep bombardée

Un attentat à la bombe a secoué lundi à Damas le siège de la télévision syrienne, principal outil de propagande du régime dont les troupes continuaient de bombarder Alep, enjeu crucial du conflit.

L'attentat, qui s'est produit dans les bureaux de la direction générale de la radio-télévision au troisième étage du bâtiment, n'a fait que des blessés légers et n'a pas perturbé la poursuite des programmes, a déclaré le ministre syrien de l'Information, Omrane al-Zohbi.

Pour autant, il a eu une forte portée symbolique puisqu'il a visé le principal outil d'information du régime de Bachar el-Assad, de surcroît situé dans un quartier ultra-protégé de la capitale. Pour pénétrer dans l'immeuble, il faut se prêter à plusieurs contrôles des services de sécurité.

Cet attentat est intervenu alors que l'armée a affirmé il y a deux jours contrôler totalement la capitale après avoir repris le quartier de Tadamoun. La chaîne officielle d'information en continu al-Ikhbaria a montré le ministre de l'Information inspectant le troisième étage au milieu de murs éventrés, de chaises renversées, de fils électriques pendant du plafond, de canalisations d'eau rompues, et alors que des secouristes évacuaient un blessé.

A Alep, poumon économique du pays, des bombardements et des tirs d'arme automatique avaient lieu lundi dans plusieurs quartiers, causant la mort de huit civils et d'un commandant rebelle, selon l'OSDH.

Les bombardements ont visé le Palais de Justice, dans le centre, et les quartiers de Chaar et de Marjé, à l'est.

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