International Propos dénigrants et caricatures peu flatteuses ont suivi le refus de Reuven Rivlin d’accorder une grâce au soldat Azaria.

Le président israélien Reuven Rivlin s’est fait "allumer" lundi sur les réseaux sociaux. Un photomontage le montrant affublé d’un keffieh palestinien circulait sur le Web au lendemain de son refus de gracier un soldat condamné pour avoir tiré une balle fatale sur un assaillant palestinien, qui avait visiblement été maîtrisé au sol. Une caricature de M. Rivlin tenant un drapeau palestinien a également été postée sur sa page Facebook, sur laquelle se sont répandus des propos dédaigneux. La police a annoncé avoir ouvert une enquête pour diffusion de ces images et de propos suggérant que M. Rivlin épousait la cause adverse.

Que l’affaire Elior Azaria, du nom de ce soldat de Tsahal condamné en août à dix-huit mois de prison touche aujourd’hui le président Rivlin, une personnalité de droite appréciée dans le pays au-delà même de son camp politique, est révélateur du climat passionnel dans lequel avait baigné le procès très médiatisé du jeune soldat. L’affaire avait fini par provoquer des lignes de fracture dans certains pans de la société israélienne, de son élite et même de son armée.

La "pureté des armes" en question

Le président Rivlin avait annoncé dimanche avoir rejeté la demande de grâce du soldat. C’était de dernier recours pour ce membre d’une unité paramédicale de 21 ans qui avait été filmé le 24 mars 2016 par un militant propalestinien alors qu’il tirait une balle dans la tête d’Abdel Fattah al-Sharif à Hébron, en Cisjordanie occupée. Ce dernier venait d’attaquer au couteau deux soldats israéliens avec l’aide d’un complice. La vidéo s’était propagée sur les réseaux sociaux.

Condamné le 30 juillet à dix-huit mois de prison ferme, Elior Azaria avait vu sa peine réduite de quatre mois en septembre. Le président Rivlin avait déclaré qu’une nouvelle mesure de clémence porterait atteinte aux valeurs de l’armée israélienne, en particulier celle de la "pureté des armes". Tsahal défend une "éthique" selon laquelle une arme ou la force ne peuvent être utilisées qu’en cas de nécessité, et sans nuire à des captifs. Ce principe avait joué contre le soldat.