International Plusieurs membres présumés d'Al-Qaïda ont été arrêtés en Afghanistan et dans des pays de la coalition antiterroriste, tandis que les spéculations sur le sort de son chef, Oussama ben Laden, ont été relancées par des déclarations du président pakistanais Pervez Musharraf.

Six membres d'Al-Qaïda et leur chauffeur ont été arrêtés vendredi soir dans la banlieue de Kaboul, a déclaré samedi à l'AFP la police afghane. C'est la première fois que des hommes de ce réseau sont officiellement arrêtés dans la capitale afghane. Un conducteur avait pris ces six Afghans dans son véhicule, dans la province de Baghlan (nord) où ils se cachaient, et devait les déposer dans la région de Kandahar (sud), a précisé Abdul Rab, le chef des affaires criminelles de la police d'un district au nord de Kaboul. Ils ont été capturés grâce à des informateurs de la police, a-t-il dit.

En Malaisie, la police a arrêté sept personnes soupçonnées de liens avec le réseau de Ben Laden, qui appartiennent au Groupe moujahidine malaisien (KMM), accusé de mener une guerre sainte pour renverser le gouvernement. En Espagne, deux membres présumés d'Al-Qaïda, un Algérien et un Marocain, ont été arrêtés samedi à Hospitalet, près de Barcelone (nord-est).

A Paris, l'enquête sur le séjour de Richard Reid, le Britannique accusé d'avoir voulu faire sauter un vol Paris-Miami le 22 décembre avec des explosifs cachés dans ses chaussures, a permis de retrouver des messages e-mail sur les disques durs d'ordinateurs dans un cybercafé du nord de Paris, qu'il a fréquenté entre le 17 et le jour programmé de l'attentat.

Selon des informations publiées samedi par le quotidien régional français La Provence (sud-est), le terroriste présumé aurait, avant d'embarquer pour sa mission suicide, adressé à plusieurs destinataires un courrier électronique dans lequel il se posait en "martyr de la cause islamiste".

Reid, 28 ans, qui est détenu aux Etats-Unis, a plaidé vendredi non coupable devant un tribunal fédéral de Boston (nord-est). Soupçonné d'être un terroriste entraîné par Al-Qaïda, il risque la prison à vie.

Par ailleurs, le directeur du FBI (police fédérale américaine), Robert Mueller, est arrivé samedi au Caire pour s'entretenir avec des responsables égyptiens de la lutte contre le terrorisme à l'échelle mondiale.

Le général Richard Myers, chef d'état-major interarmées américain, est également attendu samedi en Egypte pour sa première visite dans le pays depuis sa nomination à ce poste. Il doit rencontrer dimanche le président Hosni Moubarak.

Dans une interview vendredi soir à la chaîne de télévision américaine CNN, le président pakistanais Pervez Musharraf a relancé les spéculations sur le sort d'Oussama ben Laden en soutenant qu'il y avait de fortes probabilités que l'instigateur présumé des attentats meurtriers du 11 septembre aux Etats-Unis ait succombé à une insuffisance rénale non traitée.

A Washington, la Maison Blanche et le Pentagone ont déclaré ne pas être en mesure de confirmer ces propos.

Le sort d'Oussama ben Laden, qui avait fait de l'Afghanistan sa base d'opérations à l'étranger, alimente les rumeurs les plus diverses depuis qu'il s'est volatilisé début décembre dans l'est de l'Afghanistan.

Les Etats-Unis ont offert une prime de 25 millions de dollars pour la capture, mort ou vif, du chef islamiste.

Des membres du parlement britannique ont par ailleurs exprimé samedi leur inquiétude croissante au sujet du traitement réservé aux prisonniers internés dans la base américaine de Guantanamo à Cuba et soupçonnés d'avoir servi le réseau al-Qaïda du millionnaire saoudien, Oussama ben Laden.

Parmi ces prisonniers se trouvent d'ailleurs trois suspects de nationalité britannique. La commission parlementaire pour les Droits de l'Homme a ainsi dit qu'elle espérait rencontrer prochainement l'ambassadeur américain à Londres, M. William Farish, et l'entretenir des 110 prisonniers de Guantanamo Bay, dont les conditions de détention seraient inhumaines.