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Le leader philippin Rodrigo Duterte a présenté ses excuses à l'ancien président américain Barack Obama pour l'avoir traité de "fils de pute" en 2016, ce qui avait encore dégradé les relations entre leurs deux pays.

M. Duterte réagissait alors aux critiques répétées des Etats-Unis envers sa guerre contre la drogue, qui a fait des milliers de morts et déclenché de multiples condamnations internationales.

Mais le chef de l'Etat philippin, en voyage en Israël, a expliqué que les relations avec Washington s'étaient améliorées depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, qu'il a qualifié de "bon ami" avec lequel il est sur "la même longueur d'ondes".

"Il serait également approprié aujourd'hui de dire à M. Obama que vous êtes désormais un civil et que je suis désolé d'avoir prononcé ces mots", a-t-il dit dans un discours devant la communauté philippine de l'Etat hébreu.

M. Duterte est arrivé dimanche en Israël pour un voyage de quatre jours. Manille cherche à diversifier ses approvisionnements en armements militaires et obtenir des garanties pour les droits des Philippins travaillant à l'étranger.

"Si vous êtes capable de pardonner, alors pardonnez. Je vous ai pardonné, tout comme mes petites amies quand j'étais encore célibataire (...). Je leur ai également pardonné", a-t-il ajouté.

Depuis son arrivée au pouvoir fin juin 2016, M. Duterte s'est illustré par son langage fleuri, lançant des diatribes vulgaires à l'encontre de tous ses critiques, en particulier quand il s'agit de la guerre antidrogue.


La police de l'archipel déclare avoir tué 4.410 trafiquants et toxicomanes présumés. Les défenseurs des droits disent qu'il faut tripler ce chiffre et évoquent un possible crime contre l'humanité.

M. Duterte a traité le pape François et l'ancien ambassadeur des Etats-Unis à Manille de "fils de pute", s'en prenant également à l'ONU et au Parlement européen.

Avant son départ pour Israël, le chef de l'Etat a de nouveau suscité la controverse en jugeant que le nombre élevé de viols à Davao, sa ville natale dans le sud de l'archipel, était dû au grand nombre de belles femmes.

"Ils disent qu'il y a de nombreux cas de viols à Davao", a-t-il lancé. "Tant qu'il y aura autant de belles femmes, il y aura aussi de nombreux cas de viols".

Les militantes des droits des femmes ont dénoncé ces nouveaux propos de M. Duterte, qui a souvent plaisanté publiquement sur le viol.

"Ce n'est pas la beauté qui provoque le viol, ce sont les violeurs", a déclaré Risa Hontiveros, une parlementaire hostile au président.