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Le président tchèque Milos Zeman, 72 ans, vétéran de la gauche, pro-russe et hostile à l'immigration, a annoncé jeudi qu'il briguerait début 2018 un second mandat de cinq ans. "Je vous annonce que j'ai décidé de présenter de nouveau ma candidature au poste de président de la République tchèque", a déclaré M. Zeman, lors d'un rassemblement de sympathisants et collaborateurs au château de Prague, siège de la présidence, au lendemain du 4e anniversaire de sa prise de fonction, le 8 mars 2013. Il avait alors succédé au libéral Vaclav Klaus.

Le passage de ce discours a été diffusé par la télévision publique CT24.

Se déclarant pro-européen au moment de son élection, M. Zeman affiche aujourd'hui une nette orientation pro-russe et pro-chinoise, et se montre systématiquement hostile à l'immigration.

Selon lui, l'accueil des migrants créerait un "bouillon de culture (propice) à des attaques terroristes".

En conflit permanent avec le Premier ministre social-démocrate Bohuslav Sobotka, le président Zeman manifeste ostensiblement ses sympathies pour le principal rival du chef du gouvernement, l'influent ministre des Finances Andrej Babis, du mouvement ANO, favori des législatives prévues en octobre.

L'action de M. Zeman est surtout appréciée par les habitants des villages et des petites villes et contestée, voire détestée, par les milieux intellectuels de Prague et d'autres grandes villes.

Ses détracteurs épinglent l'état de santé de cet homme trapu s'appuyant sur une canne en raison de douleurs aux pieds affectant sa motricité et provoquées par une neuropathie diabétique. Le président a aussi admis des ennuis d'audition.

Gros fumeur, M. Zeman ne cache pas non plus sa passion pour le vin et les alcools forts.

Malgré les critiques, la cote de confiance du chef de l'Etat s'est établie à 54% en février 2017, loin devant celle du gouvernement (37%), la Chambre des Députés (26%) et le Sénat (30%), selon un sondage de l'institut officiel CVVM.