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Recep Tayyip Erdogan se rendra au Royaume-Uni en mai, alors qu'Ankara a réaffirmé sa position dans l'affaire Skripal, du nom de cet ex-espion russe empoisonné au Grande-Bretagne, se refusant à mettre en cause Moscou, a annoncé samedi le porte-parole de la présidence turque. 

Le chef d'Etat turc se déplace peu à l'étranger, depuis le putsch manqué de 2016 et la répression qui l'a suivi. Il s'est toutefois rendu en France en janvier.

Le président Erdogan "se rendra en mai au Royaume-Uni", a déclaré samedi Ibrahim Kalin à des journalistes étrangers, sans donner de date précise.

Les relations entre Ankara et Londres sont au beau fixe. Mais alors que les pays européens se sont empressés de rejoindre le Royaume-Uni en accusant la Russie dans l'affaire Skripal et en expulsant des diplomates russes de leurs territoires, la Turquie s'est montrée beaucoup plus prudente.

Fin mars, Recep Tayyip Erdogan avait expliqué que la Turquie ne prendrait pas de mesures contre la Russie, "sur la base d'une allégation".

Pour le porte-parole, le Royaume-Uni n'a aucune raison d'être déçu de cette attitude.

"Nous voulons voir traduits en justice les responsables de cette attaque", a-t-il assuré. "Mais la question de savoir qui est responsable se pose toujours."

La Turquie a renforcé sa coopération avec la Russie après une grave crise diplomatique fin 2015. Le président Vladimir Poutine était en visite officielle à Ankara la semaine dernière.

"Nous avons de bonnes relations avec la Russie, nous avons de bonnes relations avec le Royaume-Uni. Nous ne voulons pas voir les tensions s'aggraver entre deux pays avec lesquels nous avons de bonnes relations", a souligné Ibrahim Kalin.

Sergueï Skripal, un ex-agent double russe vivant en Grande-Bretagne, et sa fille Ioulia ont été empoisonnés avec une substance neurotoxique le 4 mars à Salisbury, dans le sud-ouest de l'Angleterre.