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Né le 15 septembre 1984 sous le signe de la Vierge, médiocre élève à Eton, orphelin de sa mère, la princesse Diana, à 13 ans, sorti de l'académie militaire de Sandhurst en avril dernier, admis dans le régiment de cavalerie de la Reine, les "Blues and Royals", en octobre, voilà le sous-lieutenant Harry Wales.

Le jeune homme sera dans la région de Bassorah, dans le sud-est de l'Irak, au mois de mai au moment où le retrait de 1 600 hommes des 7 000 qui y sont stationnés devrait être bien avancé. Il y restera six mois à la tête, selon le communiqué, "d'un détachement de douze hommes, dans quatre véhicules de reconnaissance blindés de type Scimitar, avec chacun un équipage de trois hommes". "Le prince Harry est aux anges", a-t-on fait savoir. La décision d'envoyer le prince en Irak a été prise pour des raisons militaires par Sir Richard Dannatt, chef d'Etat-Major britannique, après consultation avec la Famille royale. C'est ce que voulait Harry, qui l'an dernier avait menacé en termes colorés de quitter l'armée si on le confinait à un rôle administratif. Le prince Harry ne serait pas le premier membre de la Famille royale britannique à être libre de poursuivre une carrière militaire relativement orthodoxe. Il y a vingt-cinq ans que son oncle, le prince Andrew, prenait part, comme pilote d'hélicoptère à la libération des îles Falklands (les Malouines) envahies par les conscrits du général argentin Galtieri. Son grand-père, le duc d'Edimbourg, fit la seconde mondiale dans la marine, comme cadet d'abord en 1939, lieutenant en 1942 et premier lieutenant du HMS Wallace au mois d'octobre de la même année. C'est la mort du roi George VI qui, après son mariage avec la jeune princesse Elizabeth, mit fin à ses ambitions navales en 1952.

Ce sera en tout cas une carrière militaire infiniment plus orthodoxe que celle de son père, le prince Charles, qui en dépit de ses titres ronflants et de ses médailles de vice-amiral, vice-maréchal de la RAF et général de division, a été privé par sa première place dans l'ordre de succession à la Couronne d'Angleterre, du privilège de jamais "combattre pour son pays", comme insiste à le faire son fils. Pour ce dernier, sa mission en Irak le changera des titres vengeurs de la presse populaire qui s'était acharnée sur lui à l'occasion d'une soirée costumée où il fut surpris dans l'uniforme du désert de l'armée de Rommel ! Le jeune homme et sa famille vont pouvoir partager la fierté et l'angoisse de milliers de familles dont les fils ont servi ou servent dans cette aventure militaire.

© La Libre Belgique 2007