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Le Qatar a accusé lundi ses voisins du Golfe de chercher à le mettre sous tutelle et dénoncé comme "injustifiée" la rupture des relations diplomatiques annoncée par l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Bahreïn, ainsi que par l'Egypte.

Ces mesures sont "injustifiées" et "sans fondement", a réagi le ministère des Affaires étrangères du Qatar dans un communiqué.

Elles ont été prises "en coordination avec l'Egypte" et ont un "objectif clair: placer l'Etat (du Qatar) sous tutelle, ce qui marque une violation de sa souveraineté" et est "totalement inacceptable", a-t-il ajouté.

Qatar Airways a annoncé suspendre tous ses vols vers l'Arabie saoudite en réponse aux suspensions d'Etihad, Emirates et Flydubai.

Exprimant "son profond regret et sa surprise", le ministère qatari a dénoncé "une campagne hostile, fondée sur des mensonges (...) témoignant d'une préméditation à nuire à l'Etat" du Qatar.

Le Qatar, membre du Conseil de coopération du Golfe (CCG), "respecte la souveraineté des autres Etats, n'interfère pas dans les affaires d'autrui, comme il lutte contre le terrorisme et l'extrémisme", ajouté le ministère des Affaires étrangères.

Le Qatar "entreprendra les mesures nécessaires pour mettre en échec les tentatives d'affecter sa population et son économie", a-t-il précisé.

Le ministère se réfère aux incidences attendues de la fermeture des frontières terrestres et maritimes, et de l'espace aérien par ses trois voisins.

Le Yémen rompt à son tour avec le Qatar

Le gouvernement yéménite a annoncé lundi la rupture des relations avec le Qatar, membre de la coalition militaire arabe opérant au Yémen, en l'accusant de liens avec les rebelles Houthis pro-iraniens et de soutien aux groupes djihadistes. Le Yémen a ainsi emboîté le pas à l'Arabie saoudite, aux Emirats arabes unis, à Bahreïn et à l'Egypte, tous membres de la coalition arabe, qui ont rompu plus tôt les liens avec Doha, accusé de soutenir "le terrorisme".

Dans un communiqué, le gouvernement du président Abd Rabbo Mansour Hadi cautionne la décision de la coalition arabe, annoncée dans la matinée, d'exclure le Qatar de cette alliance, et rompt les relations diplomatiques avec le Qatar.

Il dénonce ce pays pour "ses exactions, ses liens avec les milices des comploteurs (rebelles Houthis) et son soutien aux groupes extrémistes", en l'occurence Al-Qaïda et le groupe Etat islamique (EI), fortement implantés au Yémen.

Il se dit "convaincu" que la coalition poursuivra ses opérations au Yémen, lancées il y a plus de deux ans pour rétablir le pouvoir du président Hadi après que les rebelles Houthis ont conquis, dès 2014, la capitale Sanaa et de larges parties du territoire yéménite.

Le conflit au Yémen a fait, depuis l'intervention de la coalition en mars 2015, plus de 8.000 morts et 45.000 blessés, majoritairement des civils, selon l'ONU.