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Des dizaines d’habitants de Douma présentent des pathologies pouvant avoir été causées, ou non, par des gaz toxiques.

Donald Trump a dénoncé dimanche, dans une série de tweets à la tonalité incendiaire, une "attaque chimique insensée" en Syrie et prévenu qu’il faudra en "payer le prix fort", pointant du doigt la "responsabilité" de la Russie et de l’Iran qui soutiennent "l’Animal Assad" (sic). Le président américain a réclamé l’ouverture immédiate de la zone "pour l’aide médicale et des vérifications".

Moscou a, de son côté, pris une fois encore la défense du pouvoir syrien en démentant les accusations des secouristes, des rebelles, de l’opposition syrienne en exil et de l’Administration américaine sur une attaque chimique qui aurait été menée samedi à Douma, une localité de la Ghouta orientale qui comptait jadis plus de cent mille habitants. Les médias d’Etat syriens ont eux aussi nié ces accusations, ravalées au rang de "fabrications".

Des informations contradictoires

Les Casques blancs, ces secouristes qui opèrent en zones rebelles en Syrie, ont accusé le régime d’avoir eu recours à des "gaz toxiques" à Douma, et donné, sur leur compte Twitter, des bilans contradictoires, évoquant entre 40 et 70 morts. Dans un communiqué commun avec l’ONG médicale SAMS (Syrian American Medical Society), ils ont en outre fait état de "plus de 500 cas, en majorité des femmes et des enfants" , qui présentent "les symptômes d’une exposition à un agent chimique". Les patients souffrent de "difficultés respiratoires" et de "brûlures de la cornée"; "une mousse excessive" s’échappe de leur bouche et ils dégagent "une odeur semblable à celle du chlore", selon le texte.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), qui a affirmé que "l’aviation du régime avait repris dimanche matin ses frappes à Douma" après une brève interruption, a lui indiqué ne pas être en mesure de confirmer une attaque chimique du régime. Il a évoqué 70 cas de difficultés respiratoires et de suffocation - mais dues, selon lui, au fait que les civils sont pris au piège dans les sous-sols ou des pièces faiblement ventilées, sans possibilité de sortir et de fuir. Selon l’ONG, vingt et une personnes, dont neuf enfants, ont péri dans ces conditions.

Chassé-croisé russo-américain

Le régime Assad a été maintes fois accusé de lancer des attaques au gaz sur des régions rebelles, ce qu’il a toujours nié. Dimanche, le Département d’Etat américain a dénoncé une possible attaque chimique à Douma. "Ces informations, si elles sont confirmées, sont effroyables et exigent une réponse immédiate de la communauté internationale", a-t-il commenté. "La Russie, avec son soutien sans faille au régime, porte la responsabilité finale de ces attaques brutales", a-t-il ajouté. "La protection apportée par la Russie au régime d’Assad et son échec à empêcher l’utilisation d’armes chimiques en Syrie met en question son engagement à résoudre la crise dans son ensemble."

"Nous démentons fermement cette information", a rétorqué le général russe Youri Evtouchenko, chef du Centre russe pour la réconciliation des parties en conflit en Syrie. "Nous sommes prêts, une fois que Douma sera libérée, à envoyer immédiatement des spécialistes russes en défense nucléaire, chimique et biologique pour recueillir les données qui confirmeront que ces assertions sont montées de toutes pièces", a-t-il assené.

Pilonnage de l’aviation syrienne

Les forces gouvernementales ont déjà reconquis 95 % des zones rebelles de la Ghouta, à la faveur d’un pilonnage meurtrier initié le 18 février, mais aussi d’accords d’évacuation parrainés par la Russie. L’aviation syrienne a bombardé dimanche, pour le troisième jour consécutif, la dernière poche rebelle près de Damas, où des dizaines de civils ont péri en 48 heures dans les raids. Au total, quelque 1 600 civils ont péri dans cette offensive. Le pouvoir justifie son offensive en pointant du doigt les obus et roquettes tirés par les insurgés de la Ghouta sur la capitale, Damas. (D’après AFP)