International Des experts sont venus y donner leur vision du Tibet, un exemple des efforts de Pékin pour redorer son blason.

C’est une petite réunion, à l’hôtel de ville de Huy, qui n’a l’air de rien mais qui démontre les efforts que les autorités chinoises sont prêtes à mobiliser pour améliorer l’image de leur pays à l’étranger. La salle des mariages a accueilli jeudi une délégation chargée, sous la houlette du président de la société chinoise d’anthropologie Hao Shiyuan, de donner sa vision de "l’histoire et la réalité du Tibet".

Il s’agissait de démontrer que les autorités chinoises avaient sorti les Tibétains du Moyen Age, qu’elles leur avaient apporté l’éducation et offert "une aide généreuse" pour mettre leur région sur la voie de la modernisation. Il s’agissait aussi d’assurer qu’elles respectaient leur liberté religieuse et que, derrière la demande d’une "autonomie véritable" pour tous les Tibétains (la moitié vivant hors de la région dite "autonome"), se cachaient des revendications indépendantistes du Dalaï-lama.

Il n’a, en revanche, pas été question de raconter que le développement bénéficiait bien plus aux Hans qu’aux Tibétains, ni que les nomades étaient sédentarisés de force, ni que le tibétain et le chinois n’étaient pas enseignés à égalité dans le cursus scolaire, ni que les moines devaient dénoncer leur leader spirituel, ni même que les velléités de contestation se terminaient en prison.

La visite de cette délégation d’experts, qui dit avoir aussi rencontré le président de la Chambre, Siegfried Bracke, n’est pas anodine. C’est sur les hauteurs de la cité hutoise que l’institut tibétain Yeunten Ling enseigne le bouddhisme et permet à ses adeptes de pratiquer tous les actes du culte. On se souviendra aussi que feue Anne-Marie Lizin vouait une grande admiration au Dalaï-lama, qui s’est rendu ici à cinq reprises par le passé - la dernière en 2012. Le Prix Nobel de la paix avait même été fait citoyen d’honneur de la ville. Cinq ans plus tard, le son de cloche est donc tout autre, "grâce aux liens de très grande amitié avec l’ambassade de Chine que nous avons retissés par mon intermédiaire et tout le collège", s’est réjoui l’échevin Eric Dosogne.