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Le gouvernement du Sri Lanka a ignoré dimanche les appels de la communauté internationale à un cessez-le-feu, assurant poursuivre ses opérations militaires contre les Tigres tamouls dans le nord-est, où sont bloqués des dizaines de milliers de civils.

Convaincue que l'insurrection séparatiste ne tient plus qu'à un fil, l'armée poursuivait dimanche son offensive en zone rebelle en s'emparant d'un nouveau village et en "libérant 500 civils retenus en otage" par les Tigres tamouls, a annoncé le ministère de la Défense. "Près de 98% des civils pris au piège en territoire rebelle se sont réfugiés en zones gouvernementales et les opérations humanitaires de l'armée sri-lankaise pour libérer ces gens demeurent la priorité numéro 1", a déclaré au journal Sunday Observer le secrétaire à la Défense, Gotabhaya Rajapakse, frère du président Mahinda Rajapakse. Les Nations unies et les pays du G8 avaient sommé samedi le Sri Lanka et les rebelles tamouls d'épargner les dizaines de milliers d'habitants tamouls encore coincés dans la zone des combats. Les Etats-Unis ont renouvelé leur appel à un cessez-le-feu.

Dimanche, le responsable au Affaires humanitaires de l'ONU, John Holmes, s'entretenait avec le gouvernement sri-lankais sur le sort des dizaines de milliers de civils toujours bloqués dans la zone du conflit. Depuis qu'a commencé lundi un exode massif de civils tamouls, l'ONU pense que plus de 100.000 personnes se sont échappées de la mince bande côtière d'à peine 10 km2 où sont acculés des guérilleros des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE). Mais il reste encore 50.000 civils retenus par les insurgés.

Colombo les évalue à 15.000, servant de "boucliers humains" au LTTE et affirme avoir "sauvé" 110.000 Tamouls depuis lundi, à la faveur de "la plus grande opération de libération d'otages dans l'Histoire". Depuis des semaines, le Sri Lanka --ex-colonie britannique, très jalouse de sa souveraineté-- résiste à la pression internationale pour un cessez-le-feu ou une "pause" humanitaire et reste sourd à la colère de la diaspora tamoule en Occident.