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"Ce qui nous attend, ce ne sont pas des élections, ni un processus juste, mais une nomination à la tête de l’Etat." Pour Stanislav Andreichuk, membre du mouvement de défense des électeurs Golos, "le tableau est tout sauf réjouissant", à deux bonnes semaines du scrutin présidentiel qui verra la reconduction de Vladimir Poutine au Kremlin. "Il faut énormément d’imagination pour qualifier cela d’élection." 

Stanislav Andreichuk est venu expliquer, dans l’enceinte du Parlement européen où il était invité par les libéraux et démocrates, les raisons qui le conduisent à juger ce scrutin biaisé, à commencer par l’interdiction de l’opposant Alexeï Navalny. Les candidats autorisés à se présenter sont "très faciles à battre par le président actuel"

Ensuite, "les candidats n’ont pas du tout les mêmes chances dans la campagne. La compétition n’est absolument pas loyale", estime Stanislav Andreichuk. "La plupart de nos chaînes de télévision sont publiques ou appartiennent à de grands acteurs économiques, comme Gazprom, qui sont très favorables à Poutine. Nous constatons que deux candidats retiennent une attention particulière, Vladimir Poutine et Pavel Groudinine. Tout ce qui est diffusé sur Vladimir Poutine ces derniers mois est positif ou neutre, tandis que Pavel Groudinine fait l’objet d’une couverture invariablement négative." 

Enfin, le représentant de Golos doute du comptage des voix, en particulier "dans le Caucase du Nord ou au Tatarstan", "des régions dans lesquelles les décomptes finaux des urnes sont complètement arbitraires, aléatoires". Ce constat en trois actes fait dire à Stanislav Andreichuk qu’"après l’élection, dont on ne peut guère prévoir le déroulement, nous entrerons dans l’inconnue".