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La Corée du Nord refuse de dévoiler son programme nucléaire et de discuter des droits de l'homme. Ne serait-ce là qu'un écran de fumée fait de mystère masquant les vraies injustices qui se déroulent en Corée du Nord ?

Mardi dernier, la Corée du Nord a refusé de discuter de son programme nucléaire et des droits de l'homme avec les États-Unis. Pyongyang "ne permettra jamais aucun dialogue sur les droits de l'homme ou le nucléaire avec un ennemi acharné à le renverser", a déclaré un des porte-paroles du ministère nord-coréen des Affaires étrangères, cité par l'agence officielle KCNA. Aujourd'hui, se sentant menacée, la Corée du Nord a lancé des missiles dans la mer du Japon et a averti les États-Unis de frappes de missiles à venir, tandis que son porte-parole déclarait que "les seuls moyens de faire face à l'agression menée par les impérialistes américains et leurs alliés ne sont ni le dialogue, ni la paix. On doit répondre seulement par des frappes impitoyables".

Pendant ce temps, des milliers de Coréens continuent de croupir et de mourir dans les camps.

En 1990, un groupe de prisonniers libérés d'un de ces camps secrets en Corée du Nord avait été découvert. Comme le précise le média en ligne Slate, d'après un ancien garde, il s'agissait de "petits-enfants et même d'arrières-petits-enfants de capitalistes, propriétaires terriens, de collaborateurs du gouvernement colonial japonais et d'autres personnes à généalogie problématique".

Dans ces camps, il y a encore aujourd'hui des familles entières s'étendant sur des générations internées dans des conditions horribles.

Effectivement, d'après le magazine Le Vif, les prisonniers du camp 14, pour prendre un exemple, ne se nourrissent que du chou, du maïs et du sel. Pour ne pas mourir de faim, ils mangent des rats ainsi que des insectes. Ils vont même jusqu'à se faire vomir pour réingurgiter leur repas et s'empêcher d'aller aux toilettes pour garder la nourriture plus longtemps. Ils n'ont ni savon, ni chaussettes, ni sous-vêtements, ni eau courante, ni lit, ni même papier toilette. Leurs vêtements sont changés une à 2 fois par an.

Pour ce qui est des conditions de travail, les enfants comme les adultes doivent trimer 12 à 14 heures par jour, ce qui fait que la majeure partie des prisonniers marche le dos courbé à partir de 40 ans et ne dépasse pas les 50.

Les goulags nord-coréens sont entourés de barricades électrifiées et de miradors dans lesquels se tiennent des hommes armés. Si un prisonnier tente de s'évader, il est tué sur le coup, et si quelqu'un assiste à une évasion, il doit la dénoncer directement sous peine d'être abattu. Les valeurs familiales ne sont plus de rigueur dans ces prisons. La dénonciation est de mise pour tous si elle peut procurer un peu de nourriture ou une récompense.

Ensuite, les gardiens peuvent faire ce qu'ils veulent des prisonniers, qu'il s'agisse de les violer ou de les maltraiter. Si une femme tombe enceinte, elle disparaît.

D'après des organisations de défense des droits de l'homme, des centaines de milliers de personnes auraient déjà péri là-bas. On constate aussi que le nombre de prisonniers chute, sans pour autant qu'il n'y ait de nouvelles libérations; des dizaines de milliers de détenus seraient donc morts de faim.

Mais même les détenus qui pourraient réussir à s'échapper n'ont pratiquement aucune chance de s'en sortir. Étant nés dans ces lieux et ne connaissant rien d'autre, sans logement, sans lien ni connaissance de la vie, beaucoup restent dans les camps jusqu'au bout.

Alors aujourd'hui, puisque le peuple nord-coréen s'affame parce que son dirigeant a choisi dépenser sans compter dans des constructions d'armes nucléaires, puisque des milliers de personnes meurent, les États du monde protestent petit à petit.

Les comptes-rendus d'atteintes terribles aux droits de l'homme se succèdent dans cette république dictatoriale et l'inhumanité n'y est que plus criante. À présent, un renvoi devant la Cour Pénale internationale pour crime contre l'humanité plane enfin au-dessus de la tête de Kim Jong-un (voir ici).