International Le père de famille sans histoires a reconnu une quarantaine d’agressions sexuelles en 30 ans

C’est grâce à la perspicacité des enquêteurs belges de la zone Lermes qu’un prédateur sexuel, actif depuis 30 ans, a pu être arrêté. Le 5 février dernier, une jeune fille d’Erquelinnes est victime d’un attentat à la pudeur, au petit matin, sur un sentier isolé. En exploitant les caméras de vidéosurveillance proches du lieu, les policiers locaux parviennent à identifier une Peugeot 206 grise, immatriculée en France et au numéro de plaque incomplet. L’info est transmise à la PJ de Lille qui, immédiatement, tique sur le modus operandi. Celui-ci rappelle en effet une vingtaine de viols commis ces dernières années dans la région du bassin de la Sambre. Ceux-ci ont pu être reliés par un seul et unique profil ADN, inconnu jusqu’alors.

L’enquête s’emballe lorsque l’analyse systématique des cartes grises permet d’isoler un véhicule. La piste est chaude et l’ogre du Nord qui a probablement commencé ses activités dès 1988 est sur le point d’être identifié. C’est ainsi que ce lundi, Dino Scala est arrêté dans son village de Pont-de-Sambre, près de Maubeuge. L’homme est âgé de 56 ans, marié, père de trois enfants et grand-père depuis peu. Ouvrier d’entretien, il était également impliqué dans plusieurs clubs de football de la région, membre de l’association de VTT et amateur de pêche. Dans son village, tout le monde tombe des nues, et en premier lieu ses proches. "Jamais nous n’aurions soupçonné cela d’un homme comme lui. On se sent trahi", déplorait le maire de Pont-de-Sambre. Derrière sa petite vie tranquille, Dino Scala cachait donc son profil de chasseur pervers. Dr Jekylll et Mr Hyde…

"Des pulsions incontrôlables"

Placé en garde à vue, Dino Scala est passé aux aveux ce mardi, avant sa mise en examen. Selon le procureur de la République, le violeur en série a reconnu une quarantaine d’agressions sexuelles sur ces trente dernières années. Il aurait agi, dit-il, "à cause de pulsions irrépressibles" et selon un modus operandi presque invariable : au petit matin, lors du trajet vers son lieu de travail, en surprenant ses victimes de dos. Le visage caché, les mains gantées, il emmenait alors ces femmes vers un lieu isolé (maison abandonnée, remise, arrière d’un magasin…) pour abuser d’elles.

En 2007, La DH avait déjà publié le portrait-robot d’un violeur en série sévissant dans la région d’Erquelinnes. À cette époque, les enquêteurs avaient confié que six victimes avaient été abusées en Belgique et 26 autres, déjà, en France. Sur certaines de ses proies, l’auteur s’était contenté d’attouchements au-dessus des vêtements. Beaucoup d’autres, en revanche, ont vécu le pire calvaire de leur vie. Un second modus operandi avait alors été relevé : au moins une victime avait été agressée chez elle, peu après le départ de son mari. On ignore à l’heure actuelle si ce fait a pu être attribué à Dino Scala.

Ce qui est certain, c’est que la description donnée à l’époque colle au suspect actuel : une quarantaine d’années (56 aujourd’hui), un accent du Nord, le teint hâlé et un ventre quelque peu bedonnant, remarqué par certaines victimes contre lesquelles il s’était pressé. Aujourd’hui, on sait que huit victimes belges figurent sur le sinistre tableau de chasse de Dino Scala qui, au cours de toutes ces années, a semble-t-il vécu des périodes d’accalmie avant de reprendre de plus belle ses agressions sexuelles. Pourquoi ? Le violeur de la Sambre a sans doute encore de nombreux secrets à livrer.