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Vingt-quatre heures à peine après la fin des élections, les kiosques électoraux ont pratiquement disparu des rues d’Athènes. Seules les affiches aux murs rappellent ces élections anticipées de dimanche. La pluie qui ne cesse de tomber depuis, et l’orage qui gronde, sont pressentis comme un mauvais présage par Stella, la cinquantaine, femme au foyer et mère de trois enfants. "C’est pour nous prévenir qu’on a fini de rigoler", glisse-t-elle, en rangeant ses courses dans son caddy. Elle n’a pas voté - "A quoi bon ? Tout est décidé d’avance !" - mais elle n’est pas fâchée que Tsipras se maintienne au pouvoir avec "une coalition qui tienne". Comme la majorité des Grecs, elle ne veut plus entendre parler "d’élections pour au moins deux ans".

Spiros, 60 ans, militaire à la retraite reconverti en taxi, est très en colère. Tellement en colère qu’il en rit, "Leventis est entré au Parlement avec 10 députés ! Le bouffon Leventis ! Des Grecs ont donné leur voix à celui qui les traitait publiquement de crétins dans ses émissions de télé à deux sous. Jamais ce pays ne changera. Jamais ! Maintenant j’en suis convaincu !"

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