International La promesse d’un accès Wifi haut débit gratuit dans "chaque village et chaque ville d’Europe d’ici à 2020" avait été faite par Jean-Claude Juncker en septembre 2016 devant le Parlement européen. Un an plus tard, à la veille d’un nouveau "Discours sur l’état de l’Union" du président de la Commission, le projet WIFI4EU a été adopté ce mardi midi dans l’hémicycle strasbourgeois. Difficile de faire mieux, en matière de timing.

Le but de cette initiative est d’équiper 6 000 à 8 000 collectivités locales d’ici à 2020, ce qui pourrait, à terme, correspondre à 50 millions de connexions quotidiennes à partir de hotspots installés dans des lieux tels que les parcs, gares, hôpitaux, bibliothèques, musées, etc. Un système d’authentification unique permettra aux utilisateurs inscrits de se connecter quel que soit le pays de l’Union où ils se trouvent et cela sans que leurs données personnelles puissent être récupérées à des fins commerciales.

Quelque 120 millions d’euros ont été débloqués. Ils seront utilisés par tranches de 20 000 euros au maximum octroyées projet par projet, sur base de candidatures déposées sur une plate-forme en ligne ouverte au plus tard début 2018. Le principe sera celui du "premier arrivé, premier servi", mais il est prévu de respecter une équité géographique et de privilégier les "zones blanches" essentiellement rurales et largement privées de connexion Internet à l’heure actuelle. Le financement européen couvrira intégralement les frais d’installation des bornes, à charge pour les collectivités de financer les frais d’abonnement et de maintenance. Une fois retenues et subventionnées, elles seront obligées d’assurer l’accès Wifi pour trois ans.

"Le vrai défi, c’est la 5G"

Lors du débat précédant le vote, seuls les souverainistes ont protesté contre une initiative trop euro-publicitaire et peu convaincante de leur point de vue. Mieux vaudrait, disent-ils, investir dans les infrastructures du Net. Mais, de manière générale, c’est avec un plaisir non dissimulé que les eurodéputés ont accueilli WIFI4EU. Ils y voient un pas vers une réduction de la fracture numérique, "un préalable à la transformation de nos sociétés", voire "une carotte susceptible de créer un élan", selon le libéral tchèque Pavel Telicka. "Le vote d’aujourd’hui n’est en effet qu’un premier pas", a souligné le socialiste portugais Carlos Zorrinho, rapporteur pour le Parlement, pour qui "le chemin reste long". Selon le Belge Tom Vandenkendelaere (CDV), "le vrai défi à venir est le développement et le déploiement de la 5G", domaine où les "vrais tigres seront en Asie" à l’horizon 2022. A moins que l’Europe ne réagisse…