International Le premier tour des législatives qui s'est déroulé ce dimanche 11 juin a déjà livré son lot de surprise. Le second tour prévu dimanche 18 juin pourrait encore jouer quelques mauvais tours à des ténors de la vie politique française. Pour d'autres, la victoire est quasiment acquise.

La République en Marche sur l'eau...

Dans le camp d'Emmanuel Macron, la République en Marche, la moisson du premier tour a été excellente. Il faut dire que l'enjeu était de taille : en cas de défaite, les ministres de Macron doivent démissionner de leur poste ministériel. Ainsi, pour Bruno Le Maire (44,46% au premier tour), Marielle de Sarnez (40,58%), Christophe Castaner (44,04%) et Mounir Mahjoubi (38,08%), il ne devrait y avoir aucun suspense. En revanche, deux ministres sont en difficulté. C'est le moins qu'on puisse dire pour Annick Girardin, ministre des Outre-Mer. Elle a obtenu 41,59% soit... exactement le même score que son adversaire, Stéphane Lenormand. Le vote ayant lieu à Saint-Pierre-et-Miquelon, son sort sera scellé ce samedi soir.

Dans une moindre mesure, le ministre de la Cohésion des territoires, Richard Ferrand, devra aussi produire un dernier effort. Arrivé en tête avec 33,93% des voix, soit quasiment le double de son adversaire (Gaëlle Nicolas, LR, 18,1%), la logique voudrait qu'il garde son poste ministériel. Enfin, s'il n'est pas au gouvernement, Benjamin Griveaux, porte-parole de la République en Marche, joue aussi son poste de député. Son large score au premier tour, 43,63%, ne devrait pas lui jouer de mauvaise surprise.

... quand le PS coule

Dans la majorité sortante, c'était la soupe à la grimace dimanche soir. Exit Cambadélis, Hamon, Menucci, Fekl, Eckert, Filipetti, Guigou, Sirugue ou Boutih, tous éliminés au premier tour. Du côté des socialistes bien placés pour le second tour, la liste est beaucoup moins longue. Seuls Manuel Valls (25,45% au premier tour), Stéphane Le Foll (30,31%), Delphine Batho (29,79%), Marisol Touraine (28,54%), Barbara Pompili (40,70%) et Sylvia Pinel (27,29%) ont les faveurs des bookmakers. Enfin, il y a un réel danger pour trois figures importantes du gouvernement précédent : Najat-Vallaud Belkacem, Myriam El Khomri et Jean-Jacques Urvoas ont tous 10 à 20 points de retard sur leur adversaire du premier tour.

Les Républicains : NKM a besoin d'un miracle, Ciotti et Jacob dans un bras de fer

Ils tentent de s'ériger en seule (et dernière) opposition valable au raz-de-marée En Marche qui se prépare. Même si certains ont quitté la famille politique pour rejoindre le camp Macron avant l'élection (comme Bruno Le Maire) ou que d'autres n'ont pas essayé de se représenter (comme François Fillon), les candidats Les Républicains ont pu sauver les meubles au premier tour. Ainsi, les deux députés Macron-friendly Thierry Solère et Jean-Christophe Lagarde sont sur la bonne voie en vue du second tour avec respectivement 42,60% et 36,55% des voix au premier tour.

Elle avait tenté le rapprochement avec En Marche qui lui a répondu négativement en plaçant un candidat face à elle, Nathalie Kosciusko-Morizet est condamnée à l'exploit à Paris. Son score de 18,16% fait pâle figure face à celui de son adversaire, Gilles Le Gendre, 41,81%. La mission sera également compliquée pour Valérie Boyer, porte-parole de François Fillon pendant sa campagne pour la présidentielle. Le candidat En Marche face à elle a réalisé 5% de plus qu'elle au premier tour. Enfin, deux duels s'annoncent serrés pour des cadors du partis. Le duel entre Eric Ciotti et Caroline Reverso-Meinietti (REM) se jouera à quelques points, avec respectivement 35% et 32,35% des voix au premier tour. Même scénario pour Christian Jacob en Seine-et-Marne qui compte 6 points d'avance sur son adversaire En Marche, Emmanuel Marcadet.

Rappelons, dans les divers droite, les défaites sévères au premier tour d'Henri Guaino et de Rama Yade.

© AFP

Front national : Philippot, Collard et Louis Aliot en danger

Ils espéraient entre 15 et 40 sièges de députés à l'Assemblée nationale, il faudra visiblement se contenter de 5... voire moins. Le très bon score de Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle n'a pas créé d'engouement chez les électeurs FN. Ainsi, excepté Marine Le Pen (46,02%), tous les poids lourds du parti sont en difficulté en vue du second tour. Florian Philippot, GIlbert Collard et Louis Aliot sont tous arrivés à égalité (à un point près) avec leur adversaire de la République en Marche. Et les projections de report de votes ne s'annoncent pas très positives pour ces trois candidats.

Précisions qu'à part Gilbert Collard, aucun de ces quatre candidats emblématiques n'a encore siégé au Palais Bourbon. Marine Le Pen, Florian Philippot et Louis Aliot sont par contre députés européens, tout comme Nicolas Bay qui a échoué au premier tour de cette élection législative.

Mélenchon sera-t-il enfin député ?

Il est dans la vie politique française depuis les années 80 et pourtant, il n'a jamais été élu député. 2017 sera-t-elle la bonne ? Jean-Luc Mélenchon conserve en tout cas toutes ses chances après son score de 34,31% réalisé au premier tour. Pas de relâchement pour autant, son adversaire En Marche, Corinne Versini reste à l'affût (22,66%). La France Insoumise pourrait même compter une deuxième élue : Clémentine Autain. L'ancienne journaliste, très médiatisée, passée par le Parti Communiste est arrivée en tête dans sa circonscription avec 37,21% de voix. A nouveau, gare à En Marche : Elsa Wanlin se présentera au second tour face à elle, forte de ses 28,28% du premier tour.

Deux autres candidats du camp Mélenchon seront aussi à surveiller : François Ruffin, le réalisateur de Merci Patron! , compte 10 points de retard sur le candidat En Marche dans la Somme. L'écart à résorber est moins important pour Alexis Corbière (21,60% contre 24,70% pour Halima Menhoudj). La partie s'annonce très compliquée pour le porte-parole du parti.

© AFP

Dupont-Aignan et Jean-Frédéric Poisson en difficulté

Du côté de la droite conservatrice et souverainiste, les premiers tours n'augurent rien de bon. Nicolas Dupont-Aignan accuse un retard de 6 points (29,75%) sur son adversaire (36,756%). Pas mieux -et même bien pire- du côté de Jean-Frédéric Poisson, le président du Parti chrétien-démocrate. Il n'a recueilli que 19,12% des suffrages face à Aurore Bergé d'En Marche (46,63%).

De l'autre côté de l'échiquier politique, la communiste Marie-George Buffet pourrait décrocher son cinquième mandat de députée en Seine-Saint-Denis. Elle a obtenu 32,8% des voix face à Prisca Thevenot (En Marche), 25,2%

En bref, rappelons les défaites au premier tour d'Emmanuelle Cosse, Nathalie Arthaud, Cécile Duflot, Caroline de Haas ou de l'humoriste Gérald Dahan.