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Le résultat du Mouvement 5 Etoiles (M5S) aux élections législatives en Italie est "un triomphe, une apothéose", a déclaré le député Alessandro Di Battista lors d'une brève prise de parole dans la nuit de dimanche à lundi. Si les premiers résultats se confirment, le mouvement sera "le pilier" de la prochaine législature, a-t-il annoncé. "Toutes les autres formations politiques devront venir nous parler" en utilisant "les mêmes méthodes de transparence et de crédibilité", a ajouté Alessandro Di Battista, une des personnalités les plus populaires du Mouvement 5 Etoiles.

D'après les premières projections, le M5S obtiendrait environ 32% au Sénat et entre 29% et 33% à la Chambre des députés. Le mouvement deviendra le premier parti d'Italie mais n'aura toutefois pas la majorité nécessaire pour composer une majorité. Il devra donc s'allier avec d'autres formations politiques, ce qu'il a toujours refusé lors de la précédente législature.

Les néofascistes de Casapound en échec

La vague noire que craignait l'Italie lors des élections législatives n'aura pas lieu. Les autoproclamés néofascistes de Casapound n'atteindront pas le seuil minimal de 3% et n'enverront donc aucun élu au Parlement, selon les projections des médias italiens.

D'après ces résultats partiels, Casapound obtient au plus 1% aussi bien au Sénat qu'à la Chambre des députés. Le leader du mouvement Simone Di Stefano a reconnu sa "défaite" au micro de la chaîne de télévision La 7. De nombreux observateurs craignaient l'entrée de Casapound au Parlement alors que la sécurité et l'immigration s'étaient imposées comme les grands thèmes des dernières semaines de la campagne électorale. Les membres du mouvement néofasciste avaient organisé des manifestations dans plusieurs grandes villes d'Italie à la suite de la fusillade à caractère raciste à Macerata, en février. La formation d'extrême droite la Ligue s'impose toutefois comme le grand vainqueur de la coalition de droite. Le parti de Matteo Salvini devance son partenaire Forza Italia, dirigé par Silvio Berlusconi, selon les projections diffusées dans la nuit de dimanche à lundi.

Le Parti démocrate reconnaît une défaite "très nette"

Le Parti démocrate (PD) a enregistré une défaite "évidente" et "très nette", a regretté dans la nuit de dimanche à lundi Maurizio Martina, vice-secrétaire de la formation de centre gauche. Le secrétaire du PD et ancien président du Conseil Matteo Renzi s'exprimera lundi matin.

D'après les projections des médias italiens, le Parti démocrate est largement distancé par la coalition de droite et le Mouvement 5 Etoiles. La principale composante de l'actuel gouvernement obtiendrait moins de 20% à la Chambre des députés et au Sénat. "Le PD ira dans l'opposition", a déclaré Ettore Rosato, chef de groupe à la Chambre, sur la télévision publique Rai 1. "Nous ne sommes pas intéressés par un gouvernement avec le Mouvement 5 Etoiles." Déjà contesté lors de la campagne électorale, le leadership de Matteo Renzi est remis en cause. Le Florentin avait fixé comme objectif minimum la barre symbolique des 25% obtenue par le parti lors des dernières législatives en 2013.

La droite en tête en Lombardie, la gauche dans le Latium

La droite a remporté les élections régionales disputées dimanche en Lombardie, en parallèle aux législatives, selon les sondages à la sortie des urnes publiés par la RAI. Le candidat de la droite Attilio Fontana, membre de la Ligue, arrive en tête avec 38 à 42% des voix. Son rival du centre-gauche, le maire de Bergame Giorgio Gori, est quant à lui crédité de 31 à 35% des suffrages, alors que le candidat du Mouvement 5 Etoiles (M5S), Dario Violi, atteindrait 17 à 21%.

Dans le Latium, la région de Rome, ce scrutin devrait déboucher sur une réélection du président sortant, Nicola Zingaretti. Le chef de la coalition de centre-gauche est crédité de 30 à 34% des voix, contre 26 à 30% pour le candidat du centre-droit, Stefano Parisi. La candidate M5S Roberta Lombardi obtiendrait quant à elle 25 à 29% des suffrages.

Le dépouillement de ces élections régionales débutera seulement lundi après-midi. Douze millions d'électeurs étaient appelés aux urnes pour ces deux scrutins.