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L'impact, sur les marchés boursiers, de l'annonce d'attentats déjoués à Londres est difficile à évaluer. Cet événement survient en pleine période de résultats trimestriels, lesquels influencent le cours de plusieurs actions reprises dans les indices boursiers. Ces derniers, bien que majoritairement orientés à la baisse, ont connu des fortunes diverses. Ainsi, à Bruxelles, le Bel20 ne perdait finalement que 0,19 pc à 3 804,46 points: il bénéficiait largement de la forme de l'un de ses poids lourds, Fortis, qui a publié hier de bons résultats au premier trimestre 2006. Le titre du bancassureur a clôturé en hausse de 2,68 pc à 29,12 euros. Coté également à Amsterdam, il a permis à l'indice néerlandais de limiter sa perte à 0,38 pc (451,55 points).

On observait le phénomène inverse à Francfort, où le Dax a été poussé dans le rouge par de mauvais résultats d'entreprises. Il a finalement perdu 1,26 pc à 5 630,96 points. Les résultats financiers décevants de Deutsche Telekom ont pesé sur la cote. L'action de l'opérateur téléphonique a plongé de 7,53 pc à 11,17 euros.

En fait, le risque terroriste a principalement affecté le cours des transporteurs aériens et des tour-opérateurs, tels que l'Allemand TUI dont le titre a subi une baisse de 4,12 pc à 14,91 euros, d'autant plus qu'il a lancé un avertissement sur ses résultats de 2006. Les entreprises de transport aérien ont vu leur action reculer après le déclenchement de l'alerte maximale au Royaume-Uni. Ainsi, l'action Lufthansa a perdu 3,28 pc à 14,17 euros, le titre British Airways (373,42 pence) valait 4,25 pc de moins que la veille, le cours de la compagnie espagnole Iberia s'est replié de 1,55 pc à 1,90 euro et l'action Air France-KLM s'est érodée de 3,04 pc à 19,15 euros. Les compagnies à bas tarifs n'ont pas échappé à la déconvenue: Ryanair a concédé 1,46 pc à 7,42 euros et easyJet a chuté de 2,19 pc à 414 pence.

Bref, les craintes liées aux attentats déjoués à Londres se sont cantonnées aux secteurs directement menacés. Il n'y a pas eu d'effet de contamination touchant d'autres valeurs boursières, ce qui aurait fait vaciller les indices représentatifs de la tendance générale. «Leur recul s'explique plutôt par le ralentissement de la croissance aux Etats-Unis, ainsi que par la persistance de l'inflation, ce qui augure de nouvelles interventions des banques centrales», soulignait un courtier. Bref, une mauvaise journée boursière, sans plus.

Moins de trafic, moins de demande

Toujours aussi insaisissables, les cours du pétrole brut ont reculé jeudi, les opérateurs craignant, à court terme, une baisse du trafic aérien et donc de la demande de pétrole. On aurait tout aussi bien pu imaginer que ce regain de tension pousse les cours à des niveaux records... A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre baissait de 1,83 dollar, soit 2,35 pc, à 75,45 dollars. Sur le New York Mercantile Exchange, le baril de «light sweet crude» pour livraison en septembre cédait 2 dollars dans l'après-midi, soit 2,62 pc, à 74,35 dollars.

Selon les analystes, la baisse des cours serait «toute provisoire» et le marché devrait se concentrer bientôt sur les difficultés engendrées par la fermeture du champ exploité par BP en Alaska et les tensions habituelles aux Proche-Orient...

© La Libre Belgique 2006