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Les députés de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) et de son allié bavarois CSU se sont ouvertement rebellés mardi contre Angela Merkel en désavouant le chef du groupe parlementaire conservateur, un fidèle et proche de la chancelière, au profit d'un inconnu. Ce camouflet intervient juste après une deuxième crise gouvernementale en seulement quelques mois, déjà symptomatique de l'affaiblissement de la chancelière qui a reconnu mardi "une défaite".

"Il n'y a rien à enjoliver", a-t-elle concédé, assurant que c'était "un moment de démocratie dont font partie les défaites".

Volker Kauder, qui dirigeait le groupe parlementaire CDU/CSU au Bundestag depuis 13 ans et briguait mardi un nouveau mandat, a été battu par Ralph Brinkhaus, un député CDU de Rhénanie du Nord-Westphalie, inconnu du grand public, selon les résultats du vote annoncés par le député de la CSU Alexander Dobrindt.

Il n'a obtenu que 112 voix contre 125 pour son adversaire.

"C'est une révolte contre Merkel", a twitté le vice-président social-démocrate du Bundestag, Thomas Oppermann.

"C'est le début de la fin de la GroKo (acronyme de la "grande coalition" gouvernementale formée par les conservateurs et les sociaux-démocrates)", a jugé un député du Parti libéral FDP, Alexander Graf Lambsdorff. "L'autorité de la chancelière dans son propre groupe parlementaire est officiellement détruite", a-t-il ajouté dans un tweet.

Ralph Brinkhaus a assuré juste après sa victoire avoir "des projets ambitieux" et n'a pas mentionné le nom d'Angela Merkel dans sa brève intervention devant la presse.

Volker Kauder, qui bénéficiait du soutien de Mme Merkel pour ce vote, est l'un des plus fidèles soutiens de la dirigeante conservatrice qui vient de sortir encore un peu plus affaiblie d'une crise politique autour du remplacement du chef des services de renseignement intérieur accusé de collusion avec l'extrême droite.

Déjà, au début de l'été, elle avait dû affronter les foudres de son ministre de l'Intérieur, le très conservateur Horst Seehofer, grand contempteur de sa politique de relative ouverture aux migrants.

Depuis des semaines, les médias prophétisent le départ anticipé de la cheffe de gouvernement avant la fin de son mandat prévu pour 2021.

Il lui avait déjà fallu près de six mois pour mettre sur pied un nouveau gouvernement à l'issue des élections législatives de septembre 2017, sur fond de contestation de sa politique migratoire et de montée de l'extrême droite.