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Dernières nouvelles: L’armée américaine a des preuves que les deux fils du président irakien déchu, Oudaï et Qoussaï Saddam Hussein, figurent parmi les quatre corps carbonisés retirés d’une habitation après un raid américain à Mossoul (nord), a déclaré mercredi le plus haut commandant américain en Irak. Le général Ricardo Sanchez a affirmé, lors d’une conférence de presse à Bagdad, que des responsables de l’ancien régime détenus par les Américains avaient reconnu les deux fils. En outre, une radiographie a montré la présence d’un objet métallique dans les jambes et l’impact de balle dans la mâchoire de l’un des corps, a-t-il ajouté. Cela correspond à Oudaï, qui avait subi plusieurs interventions chirurgicales pour retrouver l’usage de ses jambes, après un attentat en 1996 qui avait failli lui coûter la vie, selon lui. Le général américain a ajouté que les radiographies avaient également apporté la preuve que le deuxième corps était celui de Qoussaï.

Les militaires américains ont confirmé qu’Oudaï et Qoussaï, fils du président irakien déchu, sont morts lors d’un raid mené mardi à Mossoul (nord de l’Irak). Ils étaient respectivement les deuxième et troisième personnes les plus recherchées en Irak, après leur père dont le sort est toujours inconnu.

Pour l’administration Bush la nouvelle est excellente. «Nous sommes satisfaits de l’annonce par le département de la Défense d’une action aujourd’hui (mardi) contre Oudaï et Qoussaï. Pendant plusieurs années, ces deux individus se sont rendus responsables d’innombrables atrocités contre le peuple irakien et ne peuvent plus désormais faire règner la peur sur l’Irak», a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche Scott McClellan.

«Le président considère cela comme une nouvelle positive pour le peuple irakien et une assurance supplémentaire que le régime est tombé et ne sera pas rétabli», a-t-il ajouté.

Depuis la chute de Bagdad début avril, les quelque 150.000 soldats américains sont confrontés à une véritable guérilla, et la démocratisation et la reconstruction du pays promises avant la guerre se font toujours fait attendre.

Sur le plan de la politique intérieure, le président fait face à une offensive de l’opposition démocrate qui l’accuse d’avoir exagéré et modifié les informations sur la possession par Saddam Hussein d’armes de destruction massive pour pouvoir déclencher la guerre.

La mort d’Oudaï, l’aîné réputé pour sa cruauté, et de Qoussaï, le cadet autrefois présenté comme possible successeur de son père, vient braquer à nouveau les projecteurs sur la nature dictatoriale du régime déchu de Saddam Hussein alors que depuis la chute de Bagdad, le bilan présenté par l’administration Bush était plutôt maigre.

Saddam Hussein n’a pas été localisé et les armes de destruction massive qui, selon Washington, se trouvaient en Irak et qui auraient pu être données à des réseaux terroristes n’ont toujours pas été trouvées.

Républicains et Maison Blanche se retrouvent sur la défensive face aux demandes des démocrates de créer une commission d’enquête pour examiner les preuves fournies pour justifier la guerre contre l’Irak.

Quelques mots prononcés par George W. Bush lors de son discours sur l’état de l’Union le 28 janvier, affirmant que l’Irak avait tenté de se procurer de l’uranium en Afrique pour fabriquer des armes nucléaires, reviennent maintenant le hanter.

Cette information a depuis été dénoncée comme fausse, plongeant les gouvernements britannique et américain dans l’embarras et mettant en doute leur crédibilité.

Scott McClellan a répété mardi que «cette information n’aurait pas dû se trouver» dans le discours du président mais que cela n’était pas une raison suffisante pour juger injustifiée la guerre contre l’Irak.

«C’était un élément d’une partie de la montagne de preuves qui composaient un argument clair et irréfutable. Cette menace a été éliminée et l’Amérique n’en est que plus sûre», a-t-il affirmé.

La mort des deux fils Hussein vient aussi détourner l’attention de l’opinion publique américaine du nombre grandissant de soldats américains tués lors d’opérations de guérilla et du coût financier de la reconstruction de l’Irak que les Etats-Unis assurent quasiment seuls.

Selon un sondage USA-Today-CNN-Gallup publié mardi, avant l’annonce de la mort d’Oudaï et de Qoussaï Hussein, M. Bush jouit sur la question de l’Irak d’un taux de satisfaction de 57%, soit environ le même que celui enregistré avant la guerre en mars (56%). Mais il est en nette chute par rapport à avril (76%) et à juin (63%).