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Quatorze Etats membres de l'Union européenne ont décidé d'expulser des diplomates russes en représailles à l'empoisonnement, à Salisbury (Grande-Bretagne), d'un ex-espion russe et sa fille, Sergueï et Youlia Skripal, a indiqué le président du Conseil européen Donald Tusk. Lors du sommet européen tenu la semaine dernière à Bruxelles, l'Union européenne avait jugé "hautement probable" l'implication de la Russie dans cet empoisonnement et avait décidé le rappel de l'ambassadeur européen à Moscou pour consultations.

Le Royaume-Uni avait été le premier à expulser 23 diplomates russes. Lundi, la France (quatre diplomates), le Danemark (deux), la République tchèque (trois), l'Italie (deux), la Pologne (quatre), la Lituanie (trois), et l'Ukraine (treize) entre autres lui ont emboîté le pas. "Nous avons expulsé aujourd'hui quatre diplomates russes. Car la Russie n'a toujours pas contribué à éclaircir l'empoisonnement de Salisbury", a indiqué le ministère des Affaires étrangères allemand sur son compte twitter, confirmant des informations de médias allemands. "La date du départ de Pologne des quatre diplomates russes a été fixée au 3 avril à minuit. La note avec les quatre noms a été remise à l'ambassadeur de Russie", a déclaré à la presse le chef de la diplomatie polonaise Jacek Czaputowicz.

"Nous avons notifié aujourd'hui aux autorités russes notre décision d'expulser du territoire français quatre personnels russes sous statut diplomatique, dans un délai d'une semaine", a déclaré le ministre des Affaires étrangères français Jean-Yves Le Drian dans un communiqué.Cette décision "fait suite aux conclusions du Conseil européen des 22 et 23 mars", ajoute le chef de la diplomatie française. "L'attaque de Salisbury constitue une menace grave à notre sécurité collective et au droit international" et "le Conseil européen est convenu qu'il n'existait pas d'autre explication plausible que celle de la responsabilité de la Fédération de Russie".

Les Etats-Unis ont annoncé lundi l'expulsion de 60 "espions" russes dans le cadre d'une action coordonnée entre pays occidentaux pour répondre à l'empoisonnement au gaz innervant d'un ex-agent russe et de sa fille en Grande Bretagne dont ils accusent Moscou. Un haut responsable de l'administration américaine a indiqué que 48 "agents de renseignement connus" du consulat de Russie à Seattle (nord-ouest des Etats-Unis) et 12 de plus à la mission russe de l'ONU ont sept jours pour quitter les Etats-Unis. Le Canada en expulse quatre également.

Voici le nombre de diplomates expulsés par pays :

  • Etats-Unis : 60
  • Canada : 4
  • Ukraine : 13
  • Allemagne : 4
  • Danemark : 2
  • France : 4
  • République tchèque : 3
  • Italie : 2
  • Pays-Bas : 2
  • Finlande : 1
  • Lettonie : 1
  • Estonie : 1
  • Hongrie: 1
  • Pologne : 4
  • Lituanie : 3
  • Royaume-Uni: 23

Il y a quelques jours, Londres a expulsé 23 diplomates russes, présentés comme des agents du renseignement "non déclarés", pour sanctionner Moscou, et a annoncé qu'aucun membre du gouvernement ne se rendrait en Russie pour suivre les rencontres de la Coupe du monde de football en juin et juillet prochains.

Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Youlia, 33 ans, avaient été retrouvées inconscientes sur un banc d'un centre commercial et sont depuis hospitalisées en soins intensifs. Jeudi, lors d'un Conseil européen, les 28 Etats membres de l'Union européenne avaient jugé l'implication russe dans cet empoisonnement de "hautement probable". "Le Conseil européen est d'accord avec le Royaume-Uni sur le fait qu'il est hautement probable que la Russie soit responsable de l'attaque de Salisbury et qu'il n'y a pas d'autre explication plausible", a tweeté le président du Conseil européen Donald Tusk. "Nous sommes pleinement solidaires avec le Royaume-Uni face à ce défi sérieux pour notre sécurité partagée", indiquent les 28 dans des conclusions sur le sujet.

La Russie dénonce une "provocation" et promet de riposter

La diplomatie russe a dénoncé lundi une "provocation", après l'annonce par plusieurs pays de l'UE et les Etats-Unis de l'expulsion de diplomates russes en raison de l'affaire Skripal, et a promis de riposter.

"Le geste provocateur de prétendue solidarité avec Londres de ces pays (...) témoigne de la poursuite d'une ligne de confrontation visant à aggraver la situation", a déclaré la diplomatie russe dans un communiqué. "Nous allons forcément y répondre", a-t-elle souligné.