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Le 2 juillet, les eurodéputés ont rejeté une proposition pour rendre plus transparente les données sur les indemnités de frais généraux, qui couvrent les frais de gestion. Cette prestation, versée en dehors du salaire normal, n'est pas le seul avantage dont les eurodéputés bénéficient.

Le Bureau du Parlement européen a refusé une proposition qui préconise une transparence accrue sur l’indemnité des frais généraux des eurodéputés. Ces frais s'élèvent en 2018 à 4 416 euros par mois et servent à rembourser les frais de gestion du bureau du député, comme les frais liés à la poste ou au téléphone.

Ce montant forfaitaire peut être réduit seulement si le député est absent à la moitié des séances plénières au cours de l'année parlementaire (septembre-août). A part cette contrainte, il n'est pas obligatoire de publier les dépenses, ni de rembourser les éventuelles sommes non dépensées. A présent, il n'existe pas non plus un système de contrôle, là où les députés n'ont pas tous des bureaux dans les Etats membres.

Pour redéfinir le flou autour de ces aspects, le Président du Parlement européen Antonio Tajani avait donc lancé un groupe de travail l'année dernière pour procéder à la révision des dépenses associées à cette indemnité. Sans succès, puisque la plupart des autres propositions du projet ont été également refusées. 

Combien gagne un parlementaire?

La question est plus complexe que cela : en effet, les eurodéputés bénéficient d'un grand nombre d'avantages et d'indemnités en plus de leur salaire. Aux 6 611,42 euros net qu'ils reçoivent chaque mois s'ajoutent aussi les frais de voyage et les indemnités journalières. Sans compter les frais de rémunération des assistants.

Le salaire du député n'est quasi jamais touché par les dépenses qu'il effectue dans l'exercice de ses fonctions. Par exemple, les frais de transport vers Bruxelles et Strasbourg sont couvertes par un montant variable, qui permet d'être remboursé pour les réunions des commissions ou des groupes politiques, ou des séances plénières (à Strasbourg), sans dépenser un euro de la feuille de paye. L’existence réelle des trajets doit être prouvée par un justificatif, et le remboursement n'est pas illimité. Le député qui prédigérée la voiture reçoit par exemple 0,50 euros au kilomètre, mais pour une distance maximum de 1000 kilomètres. A ces montants s'ajoutent aussi des indemnités pour les dépenses connexes au voyage, comme les péages autoroutiers, etc.

Quand ils doivent se rendre à l'étranger pour des événements liés à l'exercice de la fonction politique, mais pas strictement liées aux réunions officielles, un montant de 4 264 euros est prévu pour le voyage, le logement, les dépenses. Pendant les périodes d'activités parlementaires, les indemnités frôlent les 300 euros par jour quand celles-ci se déroulent dans les pays de l'Union, et les 153 euros quand il faut partir en dehors de l'UE (hébergement non compris). La "seule" condition est celle de participer aux votes par appel nominal lors des votes en plénière. La seule présence ne suffit pas.

Une enveloppe à part pour les assistants

Pour faire face à tous leurs engagements, les parlementaires embauchent du personnel. Les assistants sont payés par le Parlement à travers une enveloppe de 24 526 euros par mois et par député. Une partie de ce personnel est formé par des accrédités engagés à Bruxelles, mais aussi à Strasbourg ou à Luxembourg. D'autres sont des assistants locaux travaillant depuis  l'Etat membre. 

A la différence des données sur les indemnités de frais généraux, les informations liées au personnel des députés sont publiées sur internet, avec une liste des noms des assistants pendant toute la durée de leur contrat.