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A l'heure où Barcelone et Madrid sont toujours occupés à jouer au chat et à la souris, les citoyens catalans assistent, confus, à une crise politique qui n'en finit plus. Certes, “l’atmosphère sociale est plus calme qu’en octobre”, lorsque le gouvernement régional a organisé un référendum illégal d’autodétermination, observe Antonio Sitges-Serra, chirurgien catalan. “Mais nous sommes dans une incertitude politique et légale”, soupire ce fondateur de Federalistes d’Esquerres, un mouvement qui milite pour l’établissement d’un système fédéral en Espagne.

Deux mois après les élections régionales, la majorité indépendantiste ne s’est pas dotée d’un gouvernement, son candidat de choix, Carles Puigdemont, s’entête toujours à briguer la présidence depuis Bruxelles, tandis que le pouvoir central se retranche derrière la Constitution pour cacher son incapacité à résoudre la plus grande crise politique de l'histoire récente du pays. Face à ce spectacle vaudevillesque, l’émotion sociale qui régnait au plus fort de la crise, a commencé à laisser place, dans l'esprit de certains citoyens, à une lassitude et une soif de pragmatisme politique.

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