Les Palestiniens évoquent une dernière chance à Paris
- Publié le 14-01-2017 à 17h31
- Mis à jour le 14-01-2017 à 17h43

La conférence de Paris pourrait selon eux relancer le processus de paix.Elle l'avait promis de longue date : la France organise ce dimanche sa "conférence internationale" consacrée au conflit israélo-palestinien. L'ambition affichée est, ni plus ni moins, de relancer le processus de paix. Mais d'emblée, la grande question est : à quoi peut-elle bien servir dans la mesure où les visions des deux principaux protanistes - absents de l'événement parisien - divergent totalement sur l'initiative et, plus largement, sur le mode de résolution du conflit ? Le résultat de la conférence est incertain. Et d'autant plus que la résolution 2334 des Nations unies du 23 décembre, par laquelle le Conseil de sécurité demande l'arrêt de la colonisation (avec l'abstention remarquée des Etats-Unis), a reversé de l'huile sur les braises des relations entre les camps israélien et palestinien. François Hollande a bien dessiné les contours d'une rencontre entre les deux dirigeants, à Paris, dans la foulée de la conférence. Le Premier israélien a promis de venir, pour autant que l'événement de dimanche soit annulé…
Alors, que faut-il savoir sur la conférence de Paris?
1. Israël est contre. Israël a dénoncé ce qu'elle considère une "imposture palestinienne sous les auspices de la France", selon les termes de Benjamin Netanyahou. "Cela fait reculer la paix", a ajouté le Premier ministre, pour exprimer que l'Etat hébreu ne croit qu'en un dialogue direct, une approche bilatérale pour le moins, avec la direction palestinienne et continue de considérer les Etats-Unis comme le seul médiateur possible dans le dossier. Une position qui ne peut que se raffermir désormais alors que la conférence a lieu à cinq jours de l'investiture de Donald Trump. Tolérant face à la colonisation, le futur président américain mènera selon toute vraisemblance une politique des plus accommodantes envers Israël. Au point d'avoir promis que sous son administration, les Etats-Unis déménageront leur ambassade à Jérusalem, que le président élu considère comme la capitale "éternelle et indivisible" d'Israël.
2. Les Palestiniens y sont favorables. Pour la direction palestinienne, le combat en vue de la création de son Etat se poursuit à l'échelon international. Depuis l'échec du dernier tour de négociations bilatérales indirectes menées sous l'égide des Etats-Unis (de l'été 2013 au printemps 2014), Ramallah multiplie les démarches qui font valoir ses droits auprès des instances internationales. Pour parvenir à la solution à deux Etats pour deux peuples, l'Autorité palestinienne privilégie donc l'approche multilatérale. Il y a pile un an, elle avait elle-même proposé une conférence internationale. L'initiative française constitue donc pour elle une nouvelle opportunité de glaner, sur le plan international, un soutien qu'elle perd inéluctablement sur sa scène intérieure. L'Autorité palestinienne apparaît de plus en plus divisée. Mahmoud Abbas, vieillissant, est soumis à des tiraillements internes, sur fond de succession et de guerre des clans.
3. Ce qu'attendent les deux camps. Si Israël a déjà annoncé qu'il ne sera tenu par aucune décision éventuelle de la conférence, les Palestiniens espèrent une décision qui ranimera les négociations de paix. Donc, une initiative concrète, assortie d'un calendrier (de six à douze mois) en vue de conclure un accord de paix, ainsi que d'un mécanisme permettant de vérifier la mise en œuvre de celui-ci. Pour la direction palestinienne, le temps est compté. "La solution à deux Etats est fondamentale pour la stabilité et la sécurité dans la région. C'est cette année notre dernière chance. Peut-être que l'an prochain, nous devrons parler d'une solution à un seul Etat, (car) les Israéliens sont en train d'élaborer une réalité à un seul Etat", estimait Majdi Khaldi, conseiller diplomatique de Mahmoud Abbas, lors d'un récent point avec la presse à Ramallah. Vincent Braun et Claire Bastier, à Jérusalem