Les pays européens ont "gonflé" leur aide

Publié le - Mis à jour le

International Une coalition d’ONG européennes a accusé lundi les Etats membres de l’UE de «gonfler artificiellement» les chiffres de leur aide au développement en comptabilisant des sommes qui ne sont pas des «ressources nouvelles pour la réduction de la pauvreté».

«La majorité des Etats membres gonflent artificiellement leur niveau d’aide publique au développement (APD)», dénoncent ces ONG spécialisées dans le développement, dans un rapport publié lundi à Bruxelles.

«Selon nos calculs, 12,5 milliards d’euros de l’aide officielle de l’UE en 2005, soit presque un tiers, ne correspondent pas à des ressources nouvelles pour les pays en développement» mais «à l’annulation de la dette, l’accueil des réfugiés en Europe et la formation d’étudiants étrangers dans les universités européennes», continue le rapport. Le chiffre officiel de l’APD de l’UE en 2005 n’est pas encore disponible. Il doit en effet être publié mardi par l’OCDE à Paris. Mais pour effectuer ses comparaisons, le rapport des ONG se base sur des projections publiées début mars par la Commission européenne, qui estimait l’APD 2005 de l’UE à 41 milliards d’euros.

En 2004, l’UE (Etats membres plus Commission européenne) avait versé quelque 43 milliards de dollars (36 milliards d’euros) d’APD. L’an dernier, les 25 se sont engagés à augmenter leur aide publique annuelle au développement de 20 milliards d’euros d’ici 2010, pour atteindre 0,56% du PIB à cette date. Cette étape intermédiaire permettrait d’atteindre en 2015 l’objectif fixé par les Nations Unies de 0,7% du PIB.

«Les pays en développement ont besoin de plus d’argent venant de l’aide au développement pour sauver des vies et non pas que les donateurs sauvent les apparences», a dénoncé lundi Hetty Kovach, du Réseau européen sur la dette et le développement (Eurodad).

Les ONG dénoncent en particulier le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et l’Italie qui déclarent 8,47 milliards d’euros d’annulation de la dette de l’Irak et du Nigeria comme aide publique au titre de 2005. Elles accusent également les Etats membres de comptabiliser dans l’APD 840 millions pour l’accueil des réfugiés et un peu moins d’un milliard pour les étudiants étrangers en Europe.