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Les actes de vengeance contre les Irakiens qui ont collaboré avec le groupe Etat islamique se multiplient à Mossoul après la libération de la ville par les forces irakiennes, a mis en garde lundi l'envoyé spécial de l'ONU. Jan Kubis a raconté au Conseil de sécurité son inquiétude "devant l'adhésion croissante de la population à une forme de punition collective des familles vues comme liées à l'EI".

"Dans tout le pays, les Irakiens soupçonnés d'avoir des liens avec l'EI sont soumis de plus en plus à des évictions, des confiscations de leur domicile et d'autres mesures de revanche et de vengeance", a-t-il souligné.

Les Nations unies ont demandé au Premier ministre irakien Haider al-Abadi de prendre des "mesures urgentes" pour mettre fin à ces comportements.

Jan Kubis a souligné à quel point la situation restait compliquée, l'EI étant encore présente dans plusieurs gouvernorats.

Il a aussi rendu hommage au conseil suprême des chefs religieux chiites pour ses messages d'apaisement et ses appels au calme.

L'occupation de Mossoul par l'EI avait été largement vue comme le résultat du ressentiment très fort d'une partie des sunnites envers la majorité chiite.

Quant à l'annonce d'un référendum sur l'indépendance en septembre annoncé récemment par la région autonome kurde, M. Kurbis a encouragé les différentes parties à négocier pour établir le statut de la ville de Kirkouk et s'accorder sur le partage des revenus pétroliers en particulier.

"En l'absence d'un dialogue politique sérieux, le conflit d'intérêts pourrait se transformer en un conflit d'une autre nature", a-t-il mis en garde.