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Les restes de plus de 2.500 prisonniers soviétiques et italiens de la Seconde guerre mondiale morts dans le camp allemand nazi près de Przemysl, ville du sud-est de la Pologne, ont été exhumés, a indiqué samedi à l'AFP Przemyslaw Kolosowski, archéologue chargé des travaux.

"Nous avons jusqu'à présent exhumés 2.500 dépouilles. Il y a encore deux fosses communes avec les restes de quelque 500 soldats à exhumer", a précisé Kolosowski, qui espère finir les travaux avant l'arrivée des basses températures. "Mais il n'est pas exclu que la terre dans cette région cache d'autres charniers", a-t-il précisé, "les Allemands ont détruit pratiquement toute la documentation du stalag".

Les travaux, lancés à la mi-octobre et qui s'achèvent mardi sont réalisés à la demande du Conseil de protection des sites de bataille et de martyre, organisme financé par l'Etat polonais et qui entretient des lieux de mémoire en Pologne. "Il s'agit de soldats emprisonnés par l'Allemagne nazie dans le stalag n°327 à Przemysl-Pikulice, un quartier de Przemysl, morts le plus souvent de faim et de maladies dues à des conditions in-humanitaires qui régnaient dans ce stalag", a précisé Kolosowski.

Les soldats soviétiques de diverses nationalités, russes, bélarusses, ukrainiens étaient emprisonnés dans ce stalag dès 1941, après qu'Hitler a attaqué l'URSS. Les soldats italiens y sont arrivés dès 1943, après que l'Italie est sortie de l'alliance avec Hitler, a-t-il précisé. "Les Italiens subissaient un traitement particulièrement cruel de la part de leurs anciens alliés, qui pratiquement les torturaient en les faisant mourir de faim", a-t-il ajouté.

En 1943, le roi Victor Emmanuel III démit Mussolini de ses fonctions et l'Italie quitta l'Axe Rome-Berlin-Tokyo. Hitler a alors emprisonné plusieurs milliers de soldats italiens notamment ceux qui combattaient dans le cadre des forces de l'Axe au front de l'Est.

"Les restes de ces morts resteront non-identifiés", a indiqué Kolosowski. Seulement quelques plaques d'identité militaire soviétiques et italiennes ont été retrouvées, quelques objets personnels comme des brosses à dents, des peignes ou des cuillères ainsi que des croix orthodoxes.

Les restes seront transférés à Nehrybka, à quelque kilomètres, sur le site du futur cimetière militaire qui sera inauguré l'année prochaine.