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Les nouvelles sanctions américaines décrétées contre des hommes d'affaires et des entreprises russes sont "dirigées contre le peuple russe", a affirmé vendredi l'ambassade russe aux Etats-Unis.

"On nous dit que ces mesures ne sont pas dirigées contre le peuple russe. Elles le sont", a affirmé l'ambassade sur sa page Facebook, dénonçant un "nouveau coup porté aux relations russo-américaines".

"Sont désormais sanctionnés les patrons russes ayant refusé de jouer selon le scénario de Washington", a poursuivi l'ambassade, qui estime que les Etats-Unis ont "réalisé un nouveau pas dans la destruction de la libre entreprise et de la concurrence".

"Dans ces sanctions, nous voyons le désir des Etats-Unis de diviser la société russe. Mais cela ne marchera pas. Sous la pression extérieure, le pays s'est toujours rassemblé autour de son leader", a-t-elle ajouté, rappelant la très large réélection de Vladimir Poutine à un quatrième mandat mi-mars.

Les nouvelles sanctions américaines visent 38 personnes et entreprises qui s'ajoutent aux 24 déjà ciblées mi-mars en réponse à une ingérence électorale et à plusieurs cyberattaques dont est accusée la Russie.

Parmi les personnes ciblées figurent des "oligarques" proches du Kremlin et leurs entreprises, de hauts responsables russes et la société chargée des exportations d'armements de Moscou, Rosoboronexport.

Le président de la Douma, la chambre basse du Parlement russe, Viatcheslav Volodine, a de son côté estimé que les sanctions américaines "ont pour but l'affaiblissement de la Russie et de son économie".

"C'est une mesure néfaste et insensée, qui ne mènera nul part. Cette méthode consistant à mettre la Russie sous pression ne donnera jamais de résultats. Mais elle aboutira à une détérioration de relations déjà difficiles", a abondé Piotr Tolstoï, vice-président de la Douma.

Le patron du géant russe des hydrocarbures Gazprom, Alexeï Miller, visé par les sanctions américaines, a réagi en assurant que son intégration à la liste noire signifiait qu'il "faisait tout comme il faut".

Egalement sanctionné, Andreï Kostine, le patron de VTB, la deuxième banque russe, a estimé qu'il y "aura des désagréments" à cause de la décision de Washington, mais que la Russie "va les surmonter".