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Les Américains utilisent désormais des «superbombes » contre les bunkers et les tunnels souterrains d’Afghanistan pour tenter d’abattre les hommes de Oussama ben Laden et décapiter le pouvoir de leurs alliés islamistes, les taliban.

Au soir du cinquième jour de bombardements américains, avec participation britannique, le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld a confirmé jeudi que des bombardiers américains avaient lancé des bombes «antibunkers » à forte pénétration contre des objectifs enfouis en Afghanistan.

«Les troupes des talibans seront certainement une cible », pas seulement leurs installations, a souligné de son côté le chef des opérations à l’état-major des forces américaines, le général Henry Osman.

Plusieurs attaques avec ces bombes contre des bunkers souterrains ont produit «d’énormes explosions secondaires, qui, dans certains cas, ont duré pendant des heures », a déclaré Donald Rumsfeld à la presse.

Selon lui, des bombardiers «B-1, B-2, B-52, ainsi que des chasseurs ont lâché tout un arsenal de munitions, de très grosses », comme la bombe GBU-28 de 2,5 tonnes, et d’autres tout aussi «capables de pénétrer dans la terre ».

Ces bombes à forte déflagration détonent une fois l’objectif atteint, après avoir percé les parois les plus dures.

Elles peuvent servir «contre des tunnels, des grottes, des zones durcies », a précisé le général Henry Osman à des journalistes.

Les dirigeants militaires sont-ils directement visés ? Oui, a répondu Donald Rumsfeld: «Ils représentent un élément important des postes de commandement et de contrôle ».

Deux membres de la famille du mollah Mohammad Omar figurent parmi plusieurs dirigeants taliban tués dimanche, avait indiqué la veille un responsable américain, citant les services de renseignement américains.

Mohammad Omar a lui-même réchappé à des bombardements mardi sur sa résidence de Kandahar (sud), selon le Pentagone.

Oussama ben Laden, accusé d’avoir fomenté les attentats du 11 septembre, et que les taliban ont refusé de livrer, est sans doute toujours en Afghanistan, mais il n’y a pas de certitude, a estimé M. Rumsfeld.

Selon le général Osman, les résultats des bombardements menés depuis dimanche sont une réussite, avec environ 85% des cibles endommagées. «Nous avons désorganisé le réseau Al Qaida » et la destruction de certains objectifs «a apporté une aide à l’Alliance du Nord » (opposition armée aux taliban), a ajouté le responsable militaire.

Après les raids, notamment sur les secteurs de Kaboul et Kandahar, une intervention prochaine d’hélicoptères de combat avec des commandos de forces spéciales pour des opérations ponctuelles est envisagée par les experts.

Le Pentagone s’est refusé à le confirmer jeudi. Mais après avoir assuré mardi que les Américains avaient «la suprématie aérienne », il a confirmé que les appareils ne volant pas à haute altitude couraient toujours des dangers.

«Il y a toujours une menace des défenses aériennes », les taliban ont encore des chasseurs et des hélicoptères, a noté M. Rumsfeld.

«Il y a toujours beaucoup de Stingers » (lance-missiles portables par des soldats) et quelques missiles sol-air SAM ainsi que des batteries de DCA, a dit le ministre.

Il a enfin démenti que les Américains bombardent délibérément des cibles civiles en Afghanistan, comme l’affirme Kaboul, et a exprimé des regrets pour la perte de vies innocentes.

«On sait qui vise les civils, ce sont les terroristes qui ont tué des milliers d’Américains » dans les attentats du 11 septembre à New York et Washington, a-t-il dit.

«Quand on est engagé militairement, il y a des pertes de vies non voulues » malgré la grande précision actuelle des tirs de jour comme de nuit. «Il est certain que moi-même et toutes les personnes impliquées regrettons la perte non voulue de vies humaines », a ajouté Donald Rumsfeld.

Les taliban ont fait état d’environ 300 morts depuis dimanche. (AFP)