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Sans doute n’ont-ils pas choisi par hasard le jour de leur coup de gueule, à savoir le 29 juin, jour de la fête de saint Pierre et de saint Paul, à l’occasion de laquelle le Pape remet traditionnellement en signe de communion avec les Eglises locales le pallium aux nouveaux archevêques (lire aussi en page 10). Alors que depuis quelques mois, l’on sentait une volonté réelle de la part du Vatican de ne pas couper les ponts avec les traditionalistes, avec les lefebvristes qui n’ont jamais admis les fruits du concile Vatican II ce sont - une fois encore… - ces derniers qui rompent les relations de moins en moins fraternelles avec le pape François, pourtant à l’écoute de leur volonté de se rapprocher de Rome.

François à l’écoute de toutes les brebis égarées…

Moins par accointance quand même avec leurs idées que mû par la volonté d’être à l’écoute de toutes les brebis égarées de l’Eglise… Depuis sa désignation en mars 2013, le pape argentin a aussi multiplié les ouvertures vers des évêques progressistes tombés en disgrâce sous ses prédécesseurs comme Mgr Jacques Gaillot qui fut démis comme évêque d’Evreux en janvier 1995.

Retour à l’ire intégriste : Mgr Bernard Fellay, le "numero un" de la Fraternité Saint-Pie X qui a repris le combat de Mgr Lefebvre qui avait fait sécession en 1988 n’a pas hésité à clamer que "le pape François encourage l’erreur"

Au diable, la possible réconciliation car un nouveau communiqué, diffusé à l’issue de la réunion des supérieurs majeurs traditionalistes qui s’est tenue à Ecône (Suisse) du 25 au 28 juin, dénonce par ailleurs "la grande et douloureuse confusion qui règne actuellement dans l’Eglise".

La nouvelle volte-face étonne : depuis quelques mois percolait l’idée de faire de la Fraternité Saint-Pie X une prélature personnelle, à l’instar du statut de l’Opus Dei. De la sorte, les traditionalistes auraient pu continuer à bénéficier d’une certaine autonomie même si cette formule horripile nombre de catholiques de base qui ne pourront jamais admettre que Rome cède face à Ecône sur l’essentiel : l’ouverture de l’Eglise au monde née des réformes du concile Vatican II.

… et trop ouvert au culte de l’homme et pas à celui de Dieu ?

Cela dit, cette perspective s’éloigne puisque dans un communiqué la Fraternité Saint-Pie X dit qu’elle "ne recherche pas avant tout une reconnaissance canonique, à laquelle elle a droit en tant qu’œuvre catholique". En fait, elle n’aurait qu’un désir : "porter fidèlement la lumière de la Tradition bimillénaire qui montre la seule route à suivre en cette époque de ténèbres où le culte de l’homme se substitue au culte de Dieu, dans la société comme dans l’Eglise." Mais pour cela, estime-t-on chez les intégristes, il faudrait un pape qui "ait la force de proclamer intégralement la foi et la morale". Sous-entendu : François ne le fait pas et il est vraisemblable qu’il ne le fera jamais, étant bien trop immergé dans cette modernité qui est forcément diabolique…