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Les forces de Moammar Kadhafi ont mené des frappes samedi au coeur du territoire tenu par la rébellion, bombardant des faubourgs de Benghazi, dans l'est de la Libye, en dépit du cessez-le-feu annoncé la veille par Tripoli après le vote à l'ONU d'une résolution autorisant toutes les mesures "nécessaires" pour protéger la population civile.

SUn appareil qui bombardait des faubourgs de Benghazi, principal bastion de l'insurrection, a été abattu dans la matinée par les rebelles. Un journaliste de l'Associated Press a été témoin de la chute de l'avion, en flammes, qui a provoqué un épais nuage de fumée noire.

Les combats ont galvanisé les habitants de Benghazi, où des jeunes gens ont collecté des bouteilles pour fabriquer des cocktails Molotov. "Où est la France? Où est l'OTAN?", lançait une femme d'une cinquantaine d'années. "Il est trop tard".

Ibrahim Moussa, porte-parole du gouvernement libyen, a démenti qu'un appareil des forces loyalistes avait été abattu. Il a aussi démenti tout bombardement de villes libyennes samedi, accusant les rebelles de violer le cessez-le-feu en attaquant les forces loyalistes. "Nos forces armées continuent de se replier" mais "les rebelles continuent de nous bombarder et de nous provoquer", a-t-il déclaré à l'Associated Press.

Moammar Kadhafi a dénoncé la résolution votée jeudi soir au Conseil de sécurité de l'ONU, la jugeant nulle, et entrepris d'envoyer des lettres aux Nations unies et à plusieurs dirigeants occidentaux.

Vendredi, Tripoli avait annoncé un cessez-le-feu immédiat, tentant d'échapper à des frappes militaires internationales après l'adoption à l'ONU de la résolution 1973 autorisant "toutes les mesures nécessaires", pour protéger la population civile et prévoyant la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne. Mais l'opposition a déclaré que les bombardements s'étaient poursuivis bien après l'annonce et ccusé Moammar Kadhafi de mentir.

Un sommet sur la Libye auquel doivent notamment participer le secrétaire général de l'ONU et des représentants de la Ligue arabe, de l'Union européenne, et des Etats-Unis doit se tenir ce samedi à Paris. L'OTAN organise par ailleurs une réunion d'urgence pour étudier la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne.

Dans un message conjoint adressé au colonel Kadhafi et diffusé vendredi soir par le palais de l'Elysée, la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis, "avec le soutien de pays arabes", ont estimé qu'un cessez-le-feu devait être "mis en oeuvre immédiatement" en Libye afin que cessent toutes les attaques contre les civils.

"La résolution 1973 adoptée par le Conseil de sécurité" de l'ONU "impose des obligations très claires qui doivent être respectées", souligne le message. Si Kadhafi ne se conforme pas au texte, "la communauté internationale lui en fera subir les conséquences" et la mise en oeuvre de la résolution "sera imposée par des moyens militaires", avertit-il.

"Kadhafi doit mettre fin à l'avancée de ses troupes sur Benghazi et les retirer d'Adjdabiyah, Misratah et Zawiyah. L'approvisionnement en eau, électricité et gaz doit être rétabli dans toutes les zones. La population libyenne doit pouvoir recevoir l'aide humanitaire. Ceci n'est pas négociable".

Messages "urgents" de Kadhafi à Obama, Sarkozy, Cameron et Ban Ki-Moon

Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a adressé un message "urgent" aux présidents américain et français, Barack Obama et Nicolas Sarkozy, au Premier ministre britannique David Cameron et au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon, a rapporté samedi un porte-parole du régime.

Il a prévenu Paris, Londres et l'ONU qu'ils regretteraient toute ingérence dans les affaires intérieures de la Libye, a rapporté un porte-parole du régime, et a envoyé un message au président américain Barack Obama dans lequel il affirme: "les Libyens sont prêts à mourir pour moi".