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Lisa Friel, ancienne directrice de la Sex Crimes Unit (brigade spécialisée dans les crimes sexuels) à New York, estime que ce qu'a fait Dominique Strauss-Kahn au Sofitel de Manhattan va "bien au-delà de la faute morale", dans un entretien au Parisien-Aujourd'hui en France de mercredi.

Interrogée sur l'interview de DSK dimanche sur TF1, l'ex-procureur adjointe au tribunal de Manhattan relève qu'il a semblé "dire qu'il est innocent, qu'il n'y a pas de preuves contre lui et que sa victime avait menti sur tout". "Il suffit de lire le rapport (du procureur Cyrus Vance, NDLR) pour comprendre que c'est un peu différent. Nous avons bien trouvé des preuves scientifiques, mais nous n'avons pas pu prouver ce qui s'est passé ce jour au-delà du doute raisonnable, comme on dit dans notre procédure", souligne Mme Friel.

Même si l'ancienne patronne de la Sex Crimes Unit reconnaît l'existence de "points d'interrogation sur la crédibilité" de la femme de chambre, "Nafissatou Diallo est bien une victime", estime-t-elle. "Il existe des éléments de preuves qui étayent son propos. Je ne peux croire qu'elle ait inventé tout cela de toutes pièces", poursuit Mme Friel. "Ce qu'a fait DSK va bien au-delà d'une faute morale comme il l'a invoqué. Il s'est très mal comporté, je pense même que c'était pire que cela", ajoute-t-elle tout en précisant livrer, "en tant que femme et non en tant que procureur", des "sentiments personnels".

Dans son entretien au Parisien, elle assure que cette démission n'est "pas du tout" liée au dossier DSK mais à son souhait de gagner "un peu plus d'argent".