International La municipalité est pointée du doigt pour sa gestion.  

Dix-sept. C’est le nombre de résidents pour le moment officiellement décédés dans l’incendie qui a touché lundi soir la Grenfell Tower, dans l’ouest de Londres.

Les locaux le savent pourtant bien : le squelette carbonisé de cette tour de vingt-quatre étages abrite des dizaines d’autres corps. Ils recherchent donc les responsables de ce drame plus qu’évitable dans une ville aussi riche que la capitale britannique. "Les gens sont en colère après des années de réductions des coûts réalisées par des conservateurs qui refusent aujourd’hui d’endosser la moindre responsabilité", s’est énervée Sinead O’Hare, une volontaire. "Leur intérêt est intimement lié à celui des entreprises du secteur et des propriétaires privés."

Les commentaires de Sian Berry, la présidente du comité en charge du logement au sein de l’Assemblée londonienne et membre du parti écologique, vont dans ce sens. "C’est maintenant aux propriétaires de montrer qu’une enquête de résistance au feu de leur habitation a eu lieu. Ces enquêtes sont beaucoup moins rigoureuses que lorsque les pompiers les réalisaient. Cela pose doublement problème : les résidents de cette tour n’avaient pas d’autre interlocuteur que leur propriétaire."

Le drame des inégalités

L’analyse du drame accentue cette grogne. Il ne fait guère de doute que les panneaux posés l’an dernier sur la façade à la demande de la municipalité ont provoqué la catastrophe : n’étant pas en matière ignifuge, ils n’ont pas arrêté le feu, ils lui ont au contraire permis de se répandre dans tout l’immeuble. Or, la certitude que ces travaux ont été commandés pour ne pas abîmer la vue depuis les demeures cossues situées à une poignée de rues du vaste ensemble de logements sociaux est désormais bien ancrée. Kensington et Chelsea est en effet l’arrondissement le plus inégalitaire de Londres. 

Comme dans toute la capitale, les demeures luxueuses avoisinent les logements sociaux les plus délabrés. Le choix de la Première ministre Theresa May de ne pas rencontrer les résidents - elle a été photographiée avec les pompiers - pendant que le dirigeant travailliste Jeremy Corbyn a passé du temps dans les centres d’accueil des victimes montre bien le trouble des conservateurs.