International Le projet de loi sur le retrait de l’Union européenne a été voté en seconde lecture. Le début d’une longue route législative.

La Première ministre britannique Theresa May peut souffler. Dans la nuit de lundi à mardi, bien après les douze coups de minuit, la Chambre des députés a adopté en seconde lecture son projet de loi sur le retrait de l’UE. Concrètement, il vise à réintégrer la législation européenne au sein de la législation nationale. Un travail gigantesque, dont la prochaine étape aura lieu début octobre, et qui devrait durer au moins jusqu’à la date effective du Brexit, courant mars 2019.

Cette législation était devenue très polémique. Dépassé par cette tâche sans précédent, le gouvernement entend se passer provisoirement de l’avis du Parlement afin de gagner du temps. En réclamant l’accès à des outils législatifs utilisés à partir de 1539 par le roi Henri VIII, Theresa May et son ministre chargé de la sortie de l’UE, David Davis, ont été accusés de "créer un gouvernement de rois et de faire de la Chambre des Communes, cœur de notre démocratie, une galerie de spectateurs […] dépendant du bénévolat des ministres", selon les termes du député Stephen Kinnock, fils de l’ancien leader travailliste de 1983 à 1992. Le décompte des votes a exposé les différences d’opinion au sein de l’opposition travailliste, dont sept députés ont voté en faveur de la législation gouvernementale malgré l’avis contraire de leur direction. La Première ministre a ainsi pu se féliciter que "le Parlement a pris une décision historique en suivant la volonté du peuple britannique […] Bien qu’il reste beaucoup à faire, cette décision signifie que nous pouvons aller de l’avant avec les négociations sur de solides bases".