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Emmanuel Macron a annoncé qu'il présenterait "dans les prochains mois" un projet de renforcement de la sécurité en Europe, estimant qu'elle ne peut plus reposer uniquement sur les Etats-Unis. "L'Europe ne peut plus remettre sa sécurité aux seuls Etats-Unis. C'est à nous aujourd'hui de prendre nos responsabilités et de garantir la sécurité et donc la souveraineté européenne", a-t-il déclaré dans un discours devant 250 ambassadeurs.

"Nous devons tirer toutes les conséquences de la fin de la guerre froide", a-t-il ajouté, précisant souhaiter le lancement d'une "réflexion exhaustive sur ces sujets avec l'ensemble de nos partenaires européens et donc avec la Russie".

Selon lui, des "progrès substantiels vers la résolution de la crise ukrainienne, tout comme le respect du cadre de l'OSCE" (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe), "seront, bien entendu, des conditions préalables à des avancées réelles avec Moscou".

"Mais cela ne doit pas nous empêcher de travailler dès maintenant entre Européens et je compte sur vous pour cela", a-t-il dit.

Pour lui, si "les alliances ont aujourd'hui encore toute leur pertinence, (...) les équilibres, parfois les automatismes, sur lesquels elles s'étaient bâties sont à revisiter".

Pour "revisiter l'architecture européenne de défense et de sécurité", il entend lancer "un dialogue rénové sur la cybersécurité, les armes chimiques, les armements classiques, les conflits territoriaux, la sécurité spatiale ou la protection des zones polaires, tout particulièrement avec la Russie".

"Le régime syrien menace de créer une nouvelle crise humanitaire"

Le président français Emmanuel Macron a jugé lundi "alarmante" la situation en Syrie, où le régime "menace de créer une nouvelle crise humanitaire dans la région d'Idleb", la dernière contrôlée par les rebelles.

Devant les ambassadeurs réunis à Paris, le chef de l'Etat a appelé à "renforcer encore la pression sur le régime et ses alliés" pour une solution politique au conflit.

"La situation est aujourd'hui alarmante car le régime menace de créer une nouvelle crise humanitaire dans la région d'Idleb et ne montre jusqu'à présent aucune volonté pour négocier la moindre transition politique", a déclaré M. Macron.


"Cela implique de renforcer encore la pression sur le régime et ses alliés et j'attends à cet égard beaucoup de la Russie et de la Turquie compte tenu de leur rôle et de leurs engagements pris", a-t-il ajouté.

Le régime de Bachar al-Assad se dit déterminé à reprendre aux rebelles la province d'Idleb, dans le nord-ouest du pays, à la frontière avec la Turquie. Cette région constitue le dernier refuge des groupes insurgés, chassés de leurs principaux bastions en Syrie. Elle est dominée à 60% par le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham (ex-branche syrienne d'Al-Qaïda).

"Si je considère depuis le premier jour que notre premier ennemi est Daech et que je n'ai jamais fait de la destitution de Bachar al-Assad une condition préalable à notre action diplomatique ou humanitaire en Syrie, je pense qu'un tel scénario serait néanmoins une erreur funeste", a ajouté Emmanuel Macron.

"Qui a provoqué ces milliers de réfugiés? Qui a massacré son propre peuple? Il n'appartient pas à la France de désigner les futurs dirigeants de la Syrie pas plus qu'à un autre pays mais c'est notre devoir et notre intérêt de nous assurer que le peuple syrien sera bien en situation de le faire", a-t-il ajouté.