International Attendue ce mardi, la présentation du gouvernement du nouveau Président a été repoussée à mercredi après-midi. Le temps de vérifier que les ministres pressentis sont absolument irréprochables.

Un jour de délai pour "vérification". L’annonce de la composition du gouvernement attendra mercredi après-midi. Un communiqué de l’Elysée publié mardi expliquait que cette décision de remettre au lendemain la publication des nominations des ministres se justifie par l’examen des profils des personnalités pressenties, en réponse aux "engagements de moraliser la vie publique" pris par Emmanuel Macron.

La direction générale des finances publiques (DGFIP) et la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) vont profiter de ce temps supplémentaire pour éplucher les déclarations fiscales et les éventuelles situations de conflits d’intérêts.

En quoi consistent les vérifications en cours ?

A priori, ces contrôles ont été annoncés à la dernière minute et ne sont pas prévus par la loi. La HATVP et la DGFIP ont reçu une liste de noms et donc de situations à examiner. Des premières vérifications qui permettraient d’éviter simplement un cas comme celui de Thomas Thévenoud, qui avait dû démissionner en 2014, moins de dix jours après sa nomination comme secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, pour ne pas avoir déclaré ses revenus de 2012. La Haute Autorité exercera, dans un second temps, un contrôle plus approfondi après les nominations et sur la base des nouvelles déclarations d’intérêts et de patrimoine de chaque ministre.

Comment sont contrôlées les personnalités issues de la société civile ?

L’Elysée précise dans son communiqué que l’examen des situations d’intérêts des futurs membres du gouvernement va être effectué à partir des "informations dont dispose la HATVP".

Ces déclarations, imposées à 15 000 élus et agents publics, ont été mises en œuvre par les lois du 11 octobre 2013 à la suite de l’affaire Cahuzac. Emmanuel Macron s’était engagé lors de sa campagne à nommer des personnalités issues de la société civile. Ces profils n’ont pas eu jusqu’ici à se soumettre aux exigences de transparence relatives au patrimoine, à la situation fiscale et aux éventuels conflits d’intérêts. Faute de déclarations préalables aux nominations, la Haute Autorité va donc devoir se contenter de recoupements à partir des éléments dont dispose l’administration fiscale.

Le nouveau Premier ministre a-t-il été soumis à la même procédure ?

Concernant Edouard Philippe, le nouveau Premier ministre LR, la Haute autorité de la vie publique indique à Libération qu’il a fait l’objet des mêmes vérifications sommaires avant sa nomination lundi. Selon "Mediapart", il avait précédemment écopé d’un blâme de la HATVP à propos de sa déclaration de patrimoine de 2014. Alors député, il avait refusé de donner la valeur de plusieurs de ses biens immobiliers. Par ailleurs, le nouveau chef du gouvernement s’était abstenu de préciser le montant de ses rémunérations de 2009 à 2012, lorsqu’il était directeur des affaires publiques d’Areva puis avocat, avant d’être élu à l’Assemblée nationale en 2012. Les nouvelles déclarations auxquelles Edouard Philippe devra s’astreindre en tant que Premier ministre permettront peut-être d’y voir plus clair.