International Venu du Canada et des Etats-Unis, un calcul tenant compte de la force du vent permet de s'approcher de ce que les gens vont ressentir en cas d'épisode de froid.

On est souvent un peu troublé, à l’approche du JT, d’entendre la présentatrice de la météo nous parler de «température ressentie» , comme cela fut par exemple le cas le 6 février, pendant une vague de froid. Comment est-il donc possible d’associer une notion totalement subjective (ce que l’on ressent) à ce qui est supposé être une mesure parfaitement scientifique (la température) ? Comment peut-on affirmer aux Français, peuple éminemment respectable au demeurant, qu’à tel endroit ils ressentiront -5°C au lieu de -1°C, alors que chacun sait, pour participer régulièrement à des conversations sur le sujet, que rien n’est plus variable que la sensibilité des gens aux températures ? N’y a-t-il pas là matière à scandale ?

Nos collègues de Libération ont demandé à leurscamarades quelle température ils ont ressentie dans le XVe arrondissement de Paris ce jeudi matin en se rendant au travail. Ayons en tête que selon le site de Météo France, il faisait 0°C à 10 heures (un peu moins d’une heure après l’arrivée au journal), avec un ressenti de -4, et observons : les huit réponses obtenues vont de -5 à +1°C, donc aucun -4, avec une majorité de 0 (trois personnes, bravo à elles). Voilà qui confirme que tout est affaire de subjectivité. Et c’est sans doute pour tenter de quantifier, autant que possible, cette subjectivité que Météo France a adopté la notion de «température ressentie». Une mesure popularisée aux alentours de 2005, dans la foulée de la mise en place de la vigilance «grand froid».

Un calcul complexe, mais des résultats assez simples(...)