Mais qu'a-t-il de si intéressant le dos de Barack?

Rédaction web Publié le - Mis à jour le

International

On l'appelle l'oreillobamania et c'est le site rue89 qui la met en évidence. À quelques semaines des présidentielles américaines, les livres, couvertures et images de Barack font recette, mais comme le relève le site, ce sont surtout son dos et ses oreilles qui réalisent un carton.

Plusieurs livres (trois en France et un en Amérique), une image du profil Facebook du candidat, et une couverture de The Economist ont choisi le même angle de vue pour photographier Obama : le président y est vu de dos sur un fond blanc, ou devant une fenêtre. C'est beaucoup trop pour que cela soit du hasard. Mais alors, comment expliquer cette passion des journalistes, écrivains, éditeurs pour cette illustration?

Pascal Riché, rédacteur en chef de Rue89 dénombre plusieurs réponses. Il y a d'abord la physionomie du président, et ses oreilles qui sont universellement reconnaissables. Ensuite, est très vite perçu intuitivement le sens d'une telle prise de vue, et ce qu'elle induit. Si Obama nous tourne le dos, c'est qu'il ne s'occupe plus de nous (« Une question, Monsieur le Président... » titre The Economist presque désespéré), qu'il n'a plus rien à nous proposer, que désillusioné il n'a plus qu'à s'en retourner.

Mais alors, pourquoi son équipe de campagne aurait-elle fait un tel choix pour sa page Facebook? Parce qu'aux Etats-unis, le dos tourné peut induire un sens plus positif. « I've got his back » (le slogan ici assorti à l'image de campagne) veut bel et bien dire « Je le soutiens, je couvre ses arrières »).

Enfin, une telle posture ferait référence à un légendaire cliché de JFK quelques mois avant sa mort, accablé devant son bureau et à contre jour. Mythique, cette photo évoque, comme l'avait souligné le New York Times, « le métier le plus solitaire du monde », ou tout simplement, sans doute, un des plus profonds aspects de la condition humaine.

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