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La justice allemande a lancé un mandat d'arrêt international à l'encontre d'un des chefs des renseignements militaires syriens, un proche du président Bachar al-Assad, soupçonné "de crimes contre l'humanité", affirme vendredi l'hebdomadaire allemand Der Spiegel. 

Selon le magazine, qui cite "des sources sécuritaires", le Parquet fédéral général allemand a lancé un mandat contre Jamil Hassan, 64 ans, le patron des redoutables services de renseignement de l'armée de l'air syrienne.

Selon Der Spiegel, "ce proche conseiller" du président Bachar al-Assad est soupçonné de "crimes contre l'humanité" après avoir autorisé ses services, "au moins entre début 2011 et l'été 2013 (à) frapper, violer, torturer et assassiner des centaines de personnes", civils et opposants au régime syrien, écrit Der Spiegel.

Le Parquet général n'a pas voulu confirmer ces informations.

Les investigations de la justice allemande s'appuient sur les informations fournies par un photographe militaire syrien et sur plusieurs témoignages. Ce photographe devait, pour le compte du régime syrien prendre en photos les cadavres des détenus, parmi lesquels de nombreux civils et opposants. Il a fui son pays en 2013, emportant avec lui des milliers de photos désormais exploitées par la justice allemande, indique Der Spiegel.

Selon le magazine, il s'agit de "la première tentative au monde" visant à incriminer "un haut cadre du régime d'al-Assad pour ses atrocités contre la population civile et l'opposition".

Ce mandat "est une bonne nouvelle pour toutes les victimes du système de torture" du régime syrien, s'est réjoui Wolfgang Kaleck, secrétaire général du Centre européen pour les droits constitutionnels et les droits de l'homme (ECCHR).

L'ECCHR a appuyé les plaintes au pénal déposées récemment auprès de la justice allemande contre des dignitaires du régime de Damas par 24 Syriens ayant survécu à la torture.

Ces plaintes s'appuient sur le principe de la compétence universelle qui permet à un Etat de poursuivre les auteurs de crimes quelle que soit leur nationalité et l'endroit où ils ont été commis.

L'Allemagne est l'un des rares pays au monde à appliquer ce principe. "Les autorités d'autres pays devraient suivre l'exemple de la justice allemande. Tant qu'il n'y aura pas de tribunal international pour la torture en Syrie, des pays tiers devront appliquer les principes du droit international", estime M. Kaleck.