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Des jeunes cagoulés s'en sont pris jeudi à des agences bancaires et ont lancé bouteilles et pierres sur les policiers, qui ont répliqué en usant d'un canon à eau et de gaz lacrymogènes, durant la manifestation des cheminots à Paris.

Sur le parcours de cette manifestation partie de la gare de l'Est, des jeunes ont brisé la vitrine d'une agence de l'assureur AXA sur le boulevard Beaumarchais, dans le XIe arrondissement, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Trois manifestants au visage masqué ont alors pénétré dans l'agence et cassé les ordinateurs à coups de marteau.

Vers 16H00, après avoir tiré des gaz lacrymogènes à de nombreuses reprises pour riposter aux jets de pierres et de bouteilles lancées sur eux, les policiers ont recouru à un lanceur d'eau pour disperser les jeunes dans ce secteur, qui entonnaient des slogans anticapitalistes.

Une agence Société générale a aussi eu ses vitres endommagées et une de LCL a été saccagée. Selon la préfecture de police, un véhicule a été par ailleurs incendié.

Les incidents ont contraint le cortège à s'arrêter durant plusieurs minutes. Celui-ci est brièvement reparti peu après 16H00, avant d'être à nouveau bloqué: "La rue est à qui? Elle est à nous!", criaient des jeunes face aux forces de l'ordre qui usaient de nouveau d'un canon à eau.

Ces échauffourées et dégradations ont occasionné des tensions entre militants "classiques" et manifestants des milieux "autonomes". "Tout ça, ça sert le gouvernement, c'est nul", pestait un manifestant CGT.


Selon la CGT, cette manifestation dans la capitale rassemble 40.000 personnes à Paris. La colère est vive côté cheminots face à la volonté du gouvernement de réformer la SNCF par ordonnances, en en abandonnant notamment le statut de cheminots à l'embauche.


Des manifestations partout en France

Des lycées étaient bloqués, des écoles fermées, le trafic SNCF "très perturbé" pour défendre le statut des fonctionnaires et des cheminots et un service public de qualité, face à un gouvernement déterminé à réformer. Selon la CGT, 400.000 personnes ont manifesté dans toute la France.

Plusieurs milliers de personnes défilaient en milieu de journée sur la Canebière à Marseille, 5.000 à Grenoble, près de 10.000 à Nantes et 9.500 à Lyon. Mais également 1.300 à Auch, 2.300 à Reims, 1.800 à Saint-Nazaire, 4.500 à Perpignan, 1.600 à Foix ou encore 4.800 à Rouen, selon la police.

Partout, des fonctionnaires dont des personnels de la santé, des cheminots mais aussi des retraités et des jeunes, étudiants ou lycéens voire des avocats, protestaient ensemble contre les réformes du gouvernement qui les touchent.

Environ 180 manifestations étaient annoncées en France par les sept syndicats de la fonction publique (CGT, FO, FSU, CFTC, Solidaires, FA-FP et CFE-CGC) pour réclamer, entre autres, une hausse du pouvoir d'achat.

Les Français partagés

Deux sondages distincts montrent que les Français sont partagés sur ces mobilisations, les soutenant mais se prononçant également en faveur de la plupart des réformes menées par le gouvernement.

Face à ce test social d'envergure, le gouvernement affiche sa "très grande détermination à poursuivre les transformations", selon le porte-parole Benjamin Griveaux. Sur la SNCF, "notre préoccupation est de nous assurer que les fils du dialogue et de la concertation sont toujours là".