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Au moins cinq personnes ont été tuées à Masaya, dans le sud du Nicaragua, dans le cadre des manifestations contre le gouvernement du président Daniel Ortega, a rapporté lundi une organisation de défense des droits de l'Homme. Entre dimanche soir et lundi matin, "nous avons établi un bilan préalable de cinq citoyens de Masaya tués, c'est à dire assassinés", a annoncé Alvaro Leiva, président de l'Association nicaraguayenne de protection des droits de l'Homme (ANPDH).

Pour l'heure, l'ANPDH a identifié une seule des victimes, un professeur de 23 ans nommé Carlos Lopez, tué d'une balle dans le thorax. "Cela indique sans aucun doute qu'il a été exécuté par des franc-tireurs", a affirmé M. Leyva, dénonçant une "violation profonde des droits de l'homme" dans cette ville située à 30 km au sud-est de la capitale Managua.

De son côté, Ramon Avellan, chef de la police de Masaya, a indiqué aux médias officiels qu'un de ses agents avait été tué dans l'attaque du commissariat de cette ville par des manifestants, mais on ignore à ce stade si cette victime fait partie des morts comptabilisés par l'ONG.

Ces derniers jours, Masaya s'est transformée en champ de bataille entre manifestants et forces de l'ordre aidées de groupes de civils apparemment mobilisés en milice par le pouvoir sandiniste, qui tentent de dégager les nombreuses barricades obstruant les rues de cette ville de 100.000 habitants.

Selon M. Leiva, les manifestants auraient enlevé un nombre indéterminé de policiers au cours des échauffourées, qui se sont aussi soldées par plusieurs arrestations.

Plus d'une centaine d'habitants ont trouvé la mort dans tout le pays depuis la vague de manifestations déclenchées le 18 avril pour exiger le départ du président Daniel Ortega. Cet ancien guérillero sandiniste de 72 ans, au pouvoir depuis 2007, dénonce une "conspiration de l'opposition" visant à le renverser.