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Au moins 292 personnes ont été tuées au Nicaragua dans les manifestations contre le gouvernement du président Daniel Ortega, au pouvoir depuis onze ans, selon un bilan actualisé lundi par une ONG. 

Le Centre nicaraguayen des droits de l'homme (Cenidh) a indiqué que le bilan, qui se montait auparavant à plus de 280 morts, de même source, s'élève désormais à 292 victimes, dont 20 policiers et quelque 30 paramilitaires ou sympathisants du gouvernement.

D'autres organismes de défense des droits de l'Homme présentent un autre bilan, comme l'Association nicaraguayenne pour les droits de l'homme (ANPDH), qui dénombre 350 morts et 2.000 blessés.

Le gouvernement n'a pas donné de chiffres officiels et reconnait uniquement la mort de policiers et de plusieurs de ses partisans.

Déclenchée le 18 avril par une tentative de réforme de la sécurité sociale, vite abandonnée, la vague de protestations est d'une ampleur inédite au Nicaragua. La revendication principale est le départ du président Ortega, un ex-guérillero de 72 ans au pouvoir depuis 2007, après l'avoir déjà été de 1979 à 1990, accusé d'instaurer une "dictature" avec son épouse Rosario Murillo, la vice-présidente.

M. Ortega a écarté lundi toute démission. Il refuse également d'avancer les prochaines élections, prévues en 2021 et dénonce une "conspiration de l'opposition" visant à le renverser.

Dans une interview à une chaîne américaine, Daniel Ortega a par ailleurs affirmé que les troubles meurtriers qui agitent son pays depuis avril étaient terminés.

Par ailleurs, l'agence de notation Standard and Poor's (S&P) a baissé lundi la note de la dette souveraine du Nicaragua de B+ à B avec perspective négative en raison de sa crise politique explosive.