International Depuis plusieurs mois, les rumeurs allaient bon train mais, cette fois, elles semblent avérées. Selon plusieurs médias français, dont Le Parisien, Manuel Valls sera candidat à la mairie de Barcelone. Celui qui a été Premier ministre en France avant de redevenir simple député semble tourner la page de son "humiliation" en France en entamant une renaissance en Espagne.


C'est en tout cas à Barcelone que Valls a fait sa rentrée politique. S'il n'a toujours pas confirmé officiellement sa candidature à la mairie de Barcelone, ses interventions s'y font de plus en plus fréquentes. Jeudi, il était présent dans une librairie de Barcelone pour faire la promotion du livre Anatomia del procés qu'il a préfacé. Un livre qui dissèque la montée de l'indépendantisme dans la région. Pour rappel, il s'était fermement opposé à l'indépendance de la Catalogne.

Mercredi, il expliquait sur Twitter avoir accepté de donner 3 heures cours à l'ESADE, une grande école de commerce de Barcelone.


Bref, pour les observateurs, il ne fait aucun doute que Manuel Valls est déjà en campagne pour les municipales espagnoles de 2019. Il serait ainsi tête de liste Ciudadanos, un parti de centre-droit anti-indépendance.

Pour rappel, Manuel Valls est né à Barcelone et n'a été naturalisé Français qu'à l'âge de 18 ans. Parfait bilingue, il n'a jamais oublié ses racines et a souvent commenté la politique catalane. "Il est très déterminé mais c'est très risqué de se présenter dans une ville où il n'habite pas", confie un grand patron catalan qui s'est entretenu avec Manuel Valls.

Pour ses opposants, celui qui a fait sa carrière en France ne connait d'ailleurs pas suffisamment Barcelone pour y être élu. "Il a échoué en France, alors il vient chez nous", a cyniquement commenté l'actuelle maire de Barcelone Ada Colau.

Un parcours difficile en France

Souvenez-vous, après l'élection présidentielle remportée par Emmanuel Macron, Manuel Valls déclarait vouloir se présenter dans sa circonscription en vue des législatives comme candidat LREM. Toutefois, le parti de Macron lui avait finalement refusé cette "faveur" étant donné que Valls n'avait pas respecté la procédure d'investiture du parti. 

Dans le même temps, le PS, déjà furieux que Valls ait préféré soutenir Macron plutôt que le candidat socialiste Benoit Hamon, avait entamé une procédure d'exclusion à son encontre. Face à tant de rebondissements, Valls avait choisi de se présenter à Evry comme "indépendant" et de quitter le PS. Aux législatives, cette figure emblématique de la politique française n'avait obtenu que 139 petites voix de plus que sa principale opposante de La France Insoumise. Un score décevant quand on sait que l'ex-Premier ministre n'avait pas d'opposant PS ou LREM face à lui.

A l'heure actuelle, Manuel Valls siège à l'Assemblée comme député rattaché LREM. Mais, selon Capital, il est le député "LREM" le moins présent. Preuve supplémentaire qu'il n'en peut plus d'être "enterré" à l'Assemblée et qu'il préfère regarder vers le sud?