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Décrétés indésirables par le Crif mais finalement présents, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ont chacun de leur côté, sous les huées, été contraints de quitter la marche blanche mercredi en mémoire de Mireille Knoll, une octogénaire juive tuée la semaine dernière à Paris. Plusieurs milliers de personnes étaient présent pour l'événement.

M. Mélenchon et les élus de la France insoumise (LFI) qui l'accompagnaient -notamment Alexis Corbière, Eric Coquerel, Clémentine Autain, Adrien Quatennens-- ont été contraints de gagner une rue adjacente du parcours emprunté par les manifestants après avoir été invectivés, notamment aux cris de "Insoumis, dehors", par des personnes présentes dans le cortège.

"Le sujet de la manifestation, c'est pas moi. C'est cette femme assassinée par des violents et des barbares et la nécessité de montrer que toute la communauté nationale serre des rangs". "Le reste, c'est vraiment un épiphénomène", a déclaré M. Mélenchon à la presse.

"Que chaque juif sache qu'il est sous la protection de la communauté nationale, voilà ce qui est important", a insisté M. Mélenchon.


Arrivée peu après, Marine Le Pen a également été contrainte de quitter le cortège sous les invectives. La présidente et les élus du Front national ont ensuite rejoint la manifestation, mais à bonne distance du cortège, entourés par des forces de l'ordre et par leurs propres services.

"Ca fait des années que nous dénonçons et luttons contre l'antisémitisme islamiste. Nous avons donc particulièrement notre place ici". "Le Crif ne représente que lui-même", avait déclaré Mme Le Pen à la presse lors de son arrivée.



De nombreuses autres personnalités politiques --la maire (PS) de Paris Anne Hidalgo, le secrétaire d'Etat Christophe Castaner, le président (LR) du Sénat Gérard Larcher, le patron de LR Laurent Wauquiez-- ont participé à cette marche, la plupart ceints de leur écharpe tricolore.


"La rue appartient à tout le monde" 

Mais s'agissant de Mme Le Pen et de M. Mélenchon, leur venue à cette marche blanche n'avait pas été souhaitée par le Conseil représentatif des institutions juives de France, son président Francis Kalifat jugeant les antisémites "surreprésentés" dans les rangs de "l'extrême-gauche et de l'extrême-droite".

"La rue appartient à tout le monde". Mais "j'espère qu'ils prendront conscience de la nécessité de faire le ménage chez eux", a déclaré M. Kalifat depuis le cortège.

Mme Le Pen et M. Mélenchon avaient annoncé leur présence après l'appel à l'unité d'un des fils de la victime, Daniel Knoll.

Le Premier ministre Edouard Philippe avait appelé à l'unité, jugeant que "lorsqu'il s'agit de lutter contre l'obscurantisme ou contre l'antisémitisme ou contre le fanatisme, tout ce qui rassemble grandit".

Le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, présent dans le cortège, avait qualifié de "pitoyable" la position du Crif "parce que, quand on organise une marche pour la tolérance, pour le respect, on invite tout le monde".

L'ancienne garde des Sceaux Rachida Dati (LR) s'était quant à elle dite "choquée" sur BFMTV-RMC par la position du Crif, estimant que cette marche "ne (lui) appartenait pas".

A l'inverse, le maire LR de Nice Christian Estrosi a soutenu sur France 2 le Crif: "Il faut respecter ceux qui constituent l'autorité".

La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a souhaité sur RMC que la marche soit un "moment d'unité puissant" comme pour le gendarme Arnaud Beltrame.

Mme Knoll a été "assassinée parce qu'elle était juive", victime du même "obscurantisme barbare" que Arnaud Beltrame tué par le jihadiste de l'Aude, a déclaré Emmanuel Macron dans son hommage au gendarme, avant d'assister aux obsèques de la vieille dame à Bagneux (Hauts-de-Seine).